Lomé, le 15 avril 2026 -(©AfreePress)- La capitale togolaise abrite, jusqu’au 17 avril, la 18ᵉ réunion bilan du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA). Un rendez-vous stratégique réunissant les principaux acteurs du secteur autour de l’avenir de la filière cotonnière africaine.
Organisée par la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), cette rencontre d’envergure rassemble près de 250 participants issus de huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Représentants gouvernementaux, chercheurs, producteurs, partenaires techniques et financiers ainsi que responsables d’organisations professionnelles prennent part à ces assises visant à dresser le bilan de la campagne cotonnière 2025-2026 et à définir les orientations futures.
Une filière sous pression, mais résiliente
Longtemps considérée comme l’un des piliers des économies rurales africaines, la filière coton fait aujourd’hui face à de multiples défis structurels. Au Togo, comme dans plusieurs pays producteurs, les effets combinés du changement climatique, de la dégradation des sols et de la recrudescence des ravageurs ont impacté les performances agricoles.
Malgré ces contraintes, des signes encourageants sont observés. Les rendements ont connu une progression notable, passant d’environ 800 kilogrammes à près d’une tonne à l’hectare, grâce notamment à l’amélioration de la disponibilité des intrants, à une meilleure gestion des sols et à l’introduction de techniques culturales adaptées.

Les autorités et les acteurs du secteur soulignent également le rôle déterminant des mesures de soutien, notamment la stabilisation des prix d’achat du coton graine et la subvention des engrais, dans la relance de la production et la mobilisation des producteurs.
Recherche, innovation et coopération au cœur des enjeux
Au cœur des travaux de Lomé, la question de l’innovation occupe une place centrale. Le PR-PICA se positionne comme un cadre privilégié de coopération régionale, facilitant le partage d’expériences, la diffusion des résultats de la recherche et l’harmonisation des stratégies agricoles.
« Ces rencontres annuelles permettent non seulement de faire le point sur les performances de la filière, mais aussi de rendre la production cotonnière plus efficiente et durable », a déclaré Martin Drevon, directeur général de la NSCT à l’ouverture des travaux. « Notre objectif demeure l’amélioration des rendements et, par ricochet, l’accroissement des revenus des producteurs », a-t-il ajouté.
Parmi les préoccupations majeures figure la lutte contre les ravageurs, notamment les aleurodes et les jassides, dont les infestations ont causé des pertes pouvant atteindre 50 % dans certaines zones depuis 2022. Face à cette menace, les acteurs plaident pour l’introduction de nouvelles molécules phytosanitaires et le renouvellement des stratégies de protection des cultures.
« Nous attendons des solutions adaptées et des intrants plus efficaces pour mieux maîtriser les attaques parasitaires », a souligné Koussouwè Kouroufei, président de la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC).
Vers une montée en gamme et une compétitivité renforcée
Au-delà des défis techniques, les échanges portent également sur la nécessité de renforcer la compétitivité du coton africain sur le marché international. L’amélioration variétale, la fertilité des sols et l’adaptation aux aléas climatiques constituent autant de leviers essentiels pour garantir une production durable et rentable.

Les chercheurs travaillent notamment à la mise au point de variétés plus résistantes à la sécheresse et aux attaques parasitaires, tandis que les politiques publiques s’orientent vers une meilleure structuration de la chaîne de valeur.
L’enjeu est donc double. Il faut parvenir à accroître la productivité tout en améliorant durablement les revenus des millions de producteurs qui dépendent de cette culture, véritable « or blanc » de l’Afrique de l’Ouest.
Des attentes fortes à l’issue des travaux
À l’issue de cette rencontre stratégique, les participants entendent formuler des recommandations concrètes et opérationnelles, susceptibles d’être rapidement intégrées dans les politiques agricoles nationales et mises en œuvre dès la prochaine campagne cotonnière.
En accueillant cette réunion continentale, Lomé confirme son rôle de plateforme régionale de concertation et d’innovation, au service d’une filière coton africaine en quête de résilience, de performance et de souveraineté économique.
Olivier A.









