Lomé, le 14 octobre 2026-(©AfreePress)-La sécurité maritime s’impose comme un axe majeur du rapprochement entre le Togo et la Chine. À Xiamen, le dimanche 11 octobre 2026, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a plaidé pour une coopération accrue avec Pékin, alors que Lomé cherche à consolider son rôle dans la sécurisation du golfe de Guinée et la protection des routes commerciales.
Pour le dirigeant togolais, les enjeux dépassent la seule surveillance des eaux territoriales. Les perturbations du transport maritime, les trafics illicites et les actes de piraterie peuvent affecter les coûts logistiques, les approvisionnements énergétiques et la régularité des échanges internationaux.
Dans cette perspective, le Togo souhaite approfondir ses échanges avec la Chine dans le domaine de la défense et renforcer les capacités nationales de surveillance maritime.
Pékin, un partenaire potentiel
La Chine occupe une place importante dans le commerce mondial et dispose d’une expérience dans la protection de ses intérêts maritimes. Pour les pays côtiers africains, une coopération avec Pékin pourrait ouvrir des perspectives en matière de formation, de partage d’expertise et de technologies de surveillance.
La modernisation des équipements de la marine togolaise, l’amélioration des capacités de renseignement maritime et le renforcement de la coordination opérationnelle figurent parmi les pistes envisageables. Ces orientations constituent toutefois des perspectives de coopération : les éléments disponibles ne permettent pas d’établir qu’un programme précis de fourniture d’équipements militaires a déjà été conclu.
Le Togo participe par ailleurs aux mécanismes régionaux de sécurité maritime et défend la mise en œuvre de la Charte de Lomé, adoptée en 2016 par l’Union africaine pour lutter contre les menaces maritimes et renforcer la coopération entre États.
Protéger le commerce, renforcer la souveraineté
L’enjeu est également économique. Le port autonome de Lomé constitue un point d’accès important aux marchés ouest-africains et aux pays enclavés du Sahel. Une dégradation de la sécurité maritime pourrait affecter son attractivité, renchérir les opérations et fragiliser les chaînes d’approvisionnement.
Pour Pékin, la sécurisation des routes maritimes répond aussi à la nécessité de préserver la circulation des marchandises entre les pôles de production asiatiques et les marchés africains.
Reste à déterminer les modalités concrètes du partenariat. Le défi pour Lomé sera de renforcer ses capacités opérationnelles tout en consolidant la coopération régionale. Car la sécurité du golfe de Guinée dépend autant des moyens navals que du partage du renseignement, de la coordination judiciaire et de la lutte contre les réseaux criminels transnationaux.
Olivier A.











