Lomé, le 05 janvier 2026-(©AfreePress)- Quelques jours après le lancement du projet pilote relatif à l’amélioration de la qualité de l’accueil et à la lutte contre la mauvaise gouvernance et les actes illicites dans les centres de santé au Togo, une équipe de l’Agence de presse AfreePress s’est rendue au Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio (CHU-SO) afin de toucher du doigt les expériences et la perception des patients, des responsables sanitaires et du personnel soignant.
Portée par le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT), cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale visant à rehausser la qualité des services de santé et à améliorer durablement la satisfaction des usagers.
Officiellement lancé le 26 janvier 2026, le projet bénéficie de l’appui financier de la Banque mondiale, à travers le programme Services de Santé Essentiels de Qualité pour la Couverture Sanitaire Universelle (SSEQ-CSU). Il répond aux préoccupations récurrentes des populations relatives aux conditions d’accueil et aux pratiques jugées inappropriées dans certaines formations sanitaires publiques.
Pour Dr Gilbert Tsolenyanou, chirurgien orthopédiste-traumatologue et secrétaire général du SYNPHOT, l’enjeu est fondamental. « L’accueil, c’est le début de la prise en charge. Un patient mal accueilli perd immédiatement confiance dans le système de soins et dans le personnel. La relation soignant-soigné est alors faussée dès le départ », affirme-t-il.
Il précise que la notion d’accueil ne se limite pas à l’attitude du personnel, mais englobe également la disponibilité des équipements et les conditions générales de prise en charge : « L’accueil, c’est un tout », a-t-il martelé.

Selon le responsable syndical, ce projet traduit une volonté plus large de modernisation du système de santé togolais. Il vise à restaurer la confiance entre les patients et les prestataires de soins, autour d’un objectif commun qui est la préservation de la vie humaine, « la plus précieuse richesse de toute société », souligne-t-il. À ce stade, la phase pilote a déjà permis de former 225 prestataires de santé, avec l’ambition d’étendre la formation à l’ensemble des agents des structures publiques, de Lomé à Cinkassé.
Une initiative pour un environnement hospitalier plus humain et plus éthique
L’initiative entend instaurer un cadre hospitalier plus humain, plus transparent et plus professionnel. Elle met l’accent sur le renforcement des compétences en matière d’accueil, l’amélioration de l’expérience des usagers, la lutte contre les actes illicites et la promotion de l’hygiène hospitalière. Les initiateurs entendent ainsi corriger les insuffisances régulièrement dénoncées dans la prise en charge des patients et promouvoir une éthique professionnelle renforcée au sein des établissements publics de santé.
Pour le médecin lieutenant-colonel Agbobli Yawo Apélété, directeur général du CHU Sylvanus Olympio, l’accueil doit être appréhendé de manière globale. « C’est un package qui intègre les infrastructures, les ressources humaines, mais aussi le rôle que les usagers eux-mêmes doivent jouer », avance-t-il.
Le CHU-SO, laboratoire de la phase pilote
Premier centre hospitalier universitaire du pays et structure de référence nationale, le CHU Sylvanus Olympio a été choisi comme site expérimental de la phase pilote. Prévue pour une durée d’environ quatre mois, celle-ci comprend le renforcement des capacités de plus de 200 agents médicaux et paramédicaux, sur la base des conclusions d’une étude diagnostique préalablement réalisée et ayant mis en lumière les principaux dysfonctionnements observés dans les structures sanitaires.
Sur le terrain, certains usagers commencent déjà à percevoir des évolutions. C’est le cas de Djalil Djeda, accompagnateur de malade. « Comparé à il y a quatre ans, il y a un changement. L’accueil est aujourd’hui un peu plus acceptable, même si des efforts restent toujours à faire », confie-t-il à l’agence de presse AfreePress, tout en relevant une certaine nonchalance persistante chez une partie du personnel.
Vers une transformation durable du système de santé

Au-delà de son caractère expérimental, ce projet ambitionne de contribuer à une transformation durable du système sanitaire togolais, en droite ligne des efforts nationaux en faveur de l’accès universel à des soins de qualité. Si les résultats de la phase pilote s’avèrent concluants, l’initiative pourrait être étendue à l’ensemble des centres de santé du pays, ouvrant la voie à une gouvernance sanitaire plus transparente et à un accueil plus respectueux des patients.
Une réforme porteuse d’espoir, appelée à renforcer la crédibilité et l’efficacité du système de santé togolais, au bénéfice de tous.
BLEWOUSSI René









