Lomé, le 03 avril 2026-(©AfreePress)- À Lomé comme dans plusieurs villes du pays, l’inadéquation entre formation académique et exigences du marché de l’emploi continue de fragiliser l’avenir de nombreux jeunes diplômés.
Titulaire d’un diplôme en gestion des ressources humaines, Frédéric Komlan Agbenyenou incarne cette réalité préoccupante. Malgré un parcours universitaire abouti et des stages validés, il peine, depuis plus de deux ans, à décrocher un emploi correspondant à sa qualification. En cause, la rareté des opportunités et l’exigence récurrente d’une expérience professionnelle préalable, même pour des postes débutants.
Contraint de s’adapter, il enchaîne désormais des activités informelles pour subvenir à ses besoins, loin de ses ambitions initiales. Une situation qui illustre le déséquilibre croissant entre l’offre de formation et les besoins réels du tissu économique.
Pour Roger Mifetou, Directeur général de l’École Supérieure d’Audit et de Management (ESAM), ce décalage est structurel. Il appelle à repenser en profondeur les systèmes éducatifs, en mettant l’accent sur le développement des compétences pratiques, du savoir-être et de l’employabilité. « Il ne suffit plus d’accumuler des connaissances théoriques. Il faut être capable d’apporter une valeur ajoutée concrète à l’entreprise », soutient-il.
Selon lui, l’école ne doit plus être perçue comme un simple générateur de diplômes, mais comme un espace de formation intégrale, en phase avec les réalités économiques. Il plaide également pour une meilleure orientation des étudiants et une valorisation accrue des filières techniques et professionnelles.
Dans un contexte où certains employeurs peinent à recruter des profils opérationnels, tandis que des milliers de diplômés restent en quête d’emploi, la question de l’employabilité s’impose comme un enjeu majeur de développement.
Face à ce défi, des réformes s’imposent. Aptation des curricula, renforcement des formations pratiques et meilleure articulation entre universités et monde professionnel. En attendant, des jeunes comme Frédéric continuent de s’accrocher, entre résilience et espoir d’une insertion à la hauteur de leurs compétences.
BLEWOUSSI René









