Lomé, le 19 mars 2025– (©AfreePress)–Le leader de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, rejette catégoriquement la nouvelle Constitution.
Devant la presse ce mercredi 19 mars 2025, l’opposant a dénoncé une « supercherie » qui, selon lui, ne met pas en place un véritable régime parlementaire mais consacre un pouvoir exécutif « hypertrophié ».
Il a axé son analyse sur les articles 50 et 54, qu’il qualifie d’« incohérents » et d’« incongrus ».
Pour M. Fabre, l’article 50 concentre des pouvoirs trop vastes entre les mains du Président du Conseil.
« Cet article lui attribue des prérogatives traditionnellement réparties entre le chef de l’État et le chef du gouvernement. Il devient ainsi chef suprême des armées et dispose d’une autorité directe sur les forces armées et de sécurité, ce qui renforce le risque d’un pouvoir exécutif militarisé et autocratique », a-t-il déclaré.
L’opposant déplore l’absence de tout mécanisme de contrôle ou de limitation de ces pouvoirs, ce qui, selon lui, affaiblit la séparation des pouvoirs et compromet l’équilibre institutionnel.
Jean-Pierre Fabre critique également l’article 54, qui permet au Président du Conseil de dissoudre l’Assemblée nationale si le gouvernement n’obtient pas son approbation.
« Normalement, dans un régime parlementaire, un gouvernement mis en minorité doit démissionner. Ici, au lieu de sanctionner le gouvernement, c’est l’Assemblée qui est censurée. Le droit de dissolution devient une arme de dissuasion », a-t-il analysé.
Autre point d’achoppement, le mode de mise en cause de la responsabilité du gouvernement.
« Une motion de défiance ne peut être déposée que si elle est signée par deux cinquièmes des députés et adoptée par une majorité qualifiée des trois quarts. Un seuil exorbitant qui rend toute destitution du gouvernement quasi impossible », a fustigé le leaders du parti orange.
En conclusion, Jean-Pierre Fabre estime que la nouvelle Constitution ne met pas en place un régime parlementaire mais un « régime hybride et bâtard, dominé par un exécutif autocratique placé entre les mains d’une personne non élue appelée Président du Conseil ».
Face à cette situation, il appelle la population à se mobiliser massivement le dimanche 23 mars 2025 lors d’un meeting prévu à Akassimé, à Lomé, pour dire non à cette Constitution : « NO PASARÁN ! ».
Anika A.









