Lomé, le 03 janvier 2026 -(©AfreePress)-Après plusieurs années de silence imposé par des contingences sanitaires et sécuritaires, la fête traditionnelle « Koudapaani », haut lieu d’expression culturelle des peuples Anoufoh, Gangam, Moba, Konkomba, Gourna et Natchaab, a renoué avec son éclat originel, le samedi 31 janvier à Mango (550 km au nord de Lomé), à l’occasion de son apothéose solennelle.
Placée sous le thème évocateur : « L’éducation à la culture de la paix pour la cohésion sociale et le développement harmonieux du Grand Oti », cette célébration a rassemblé, dans une ferveur renouvelée, les filles et fils de la région autour des idéaux de paix, de solidarité et de vivre-ensemble, tout en mettant en exergue la diversité et la richesse du patrimoine culturel local.
Le temps fort de ces célébrations a été la cérémonie des rites traditionnels majeurs, notamment l’immolation symbolique d’un bélier blanc, destinée à implorer la bénédiction divine et celle des mânes des ancêtres. Cette séquence spirituelle a été suivie d’une prière musulmane, dirigée par l’imam de la grande mosquée de Mango, N’Biema Abdoul, consacrant le caractère inclusif et interconfessionnel de la célébration.

La journée a également été rythmée par des prestations d’artistes, des danses folkloriques, une foire agricole, ainsi que des sketchs éducatifs centrés sur la cohésion sociale et la paix durable, offrant au public une immersion complète dans les traditions et les dynamiques contemporaines du Grand Oti.
Dans un geste de soutien concret, le secrétaire général du gouvernement, Stanislas Bamouni Baba, a procédé à la remise d’une enveloppe financière au comité d’organisation, destinée à accompagner la réalisation d’un projet social structurant dans la région.
Représentant le Président du Conseil, le ministre du Tourisme, des Arts et de la Culture, Isaac Tchakpé, a salué la forte mobilisation populaire et la pertinence du thème retenu, en parfaite cohérence avec la politique gouvernementale de valorisation des cultures nationales. Il a souligné que « Koudapaani » demeure à la fois un symbole d’identité collective, un acte de reconnaissance envers Dieu et les ancêtres, et un espace privilégié de dialogue pour le développement harmonieux du Grand Oti.

Prenant la parole, le porte-parole de la chefferie traditionnelle et coutumière du Grand Oti, El Hadj Nambiema Tabi Zakar, ainsi que le président du comité d’organisation, Noukome Nimani Ignace, ont rappelé que la fête était en veille depuis 2020, en raison des défis sanitaires et sécuritaires. Ils ont exprimé leur vive gratitude aux autorités administratives et politiques pour avoir favorisé la reprise de cette manifestation à forte portée fédératrice.
La cérémonie a enregistré la participation du gouverneur de la région des Savanes, Atcha-Dédji Affoh, ainsi que de délégations venues du Ghana, du Burkina Faso, du Bénin et d’autres pays de la sous-région, soulignant la dimension transfrontalière et fraternelle de l’événement.
Pour rappel, la région du Grand Oti est structurée autour de deux préfectures, quatre communes et seize cantons.
Albertine A.









