Lomé, le 03 mai 2025 – (©AfreePress)- À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai, l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) a publié son rapport annuel, dressant un état des lieux nuancé de la liberté de la presse au Togo pour la période allant de mai 2023 à mai 2024.
Le document révèle une baisse notable du nombre de sanctions infligées aux médias. Sur cette période, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) n’a prononcé que trois sanctions disciplinaires, en comparaison avec la dizaine enregistrée l’année précédente. Ces décisions ont concerné deux journaux et une émission radiophonique, temporairement suspendus pour des infractions aux règles déontologiques. Les autres litiges ont été résolus par des moyens alternatifs, tels que le droit de réponse, le démenti ou les excuses publiques.
L’OTM y voit un signe encourageant de maturité professionnelle au sein des rédactions. Selon le rapport, les rapports entre journalistes, institutions de régulation, pouvoir exécutif et partenaires techniques se sont globalement apaisés, traduisant un climat plus favorable à l’exercice du métier.
Cependant, l’observatoire tempère cet optimisme en soulignant plusieurs entraves persistantes. L’arrestation du journaliste Albert Agbéko en pleine couverture électorale, les agressions physiques de reporters lors d’une conférence de presse, ou encore les menaces anonymes dont ont été victimes certains professionnels, témoignent selon lui d’un contexte toujours fragile.
« La liberté de la presse est un droit fondamental. La restreindre, c’est compromettre le bon exercice du métier de journaliste », a insisté Fabrice Pétchézi, président de l’OTM, appelant à une vigilance constante.
L’organisme attire aussi l’attention sur les zones d’ombre juridiques liées à l’usage des réseaux sociaux par les journalistes. Ces derniers, en l’absence d’un cadre légal spécifique, peuvent être poursuivis sur la base du droit pénal commun, ce qui constitue selon l’OTM une menace sérieuse pour la liberté d’expression.
Enfin, l’OTM renouvelle ses recommandations aux autorités publiques, notamment :
La révision de certaines dispositions légales restrictives,
La protection effective des journalistes sur le terrain,
La mise en œuvre urgente du Fonds de soutien à la presse,
Et l’application rapide de la convention collective pour garantir des conditions de travail décentes aux professionnels du secteur.
Entre progrès encourageants et défis persistants, le rapport 2024 de l’OTM dresse le portrait d’une presse togolaise en quête de consolidation, dans un environnement encore marqué par des contradictions.
Anika A. | AfreePress









