Lomé, le 11 décembre 2025 -(©AfreePress)- Suite à la tentative de coup d’État qui a ébranlé le Bénin le 7 décembre 2025, plusieurs médias internationaux, dont Jeune Afrique ont avancé que le lieutenant-colonel Pascal Tigri, considéré comme le cerveau de l’opération, aurait trouvé refuge au Togo.
Cette hypothèse a provoqué une intense circulation de rumeurs et de commentaires, tant dans l’opinion publique que dans les cercles diplomatiques de la sous-région.
Selon diverses sources non corroborées, Tigri aurait fui le Bénin après l’échec de sa tentative de prise de pouvoir et aurait été aperçu dans un quartier de Lomé. Des spéculations évoquent même une probable demande de notice rouge auprès d’Interpol afin de faciliter son arrestation et son extradition.
Interrogé sur cette question, Wilfried Léandre Houngbédji, Porte-parole du gouvernement béninois, a déclaré ne disposer d’aucune information confirmant que Pascal Tigri se trouverait au Togo. Il a précisé que les autorités béninoises poursuivent leurs enquêtes, mais qu’aucun élément tangible ne permet, à ce jour, d’impliquer un pays voisin dans la cavale du putschiste présumé.
Cette position est conforme à celle déjà exprimée par certains officiels béninois qui ont rappelé que toutes les pistes restent ouvertes, y compris celle de complicités internes ou externes, mais « sans désigner ni impliquer aucun pays » tant que les investigations ne sont pas achevées. Les autorités béninoises invitent ainsi les médias à la prudence et à la vérification rigoureuse des informations, dans un contexte particulièrement sensible.
De leur côté, les autorités togolaises n’ont, pour l’heure, émis aucune déclaration officielle confirmant ou infirmant la présence de Tigri sur leur territoire. Une source proche de la présidence togolaise, citée dans plusieurs dépêches internationales, a simplement indiqué ne pas être au courant d’une telle présence, appelant à éviter de « construire des scénarios diplomatiques sur des hypothèses non vérifiées ».
Cette confusion médiatique intervient alors que le Bénin se prépare à des élections présidentielles en avril 2026, dans un climat politique désormais sous tension. L’affaire soulève également des enjeux sécuritaires majeurs pour la sous-région ouest-africaine, déjà fragilisée par plusieurs transitions militaires et tentatives de putsch au cours des derniers mois.
Analystes et observateurs appellent à une communication claire, apaisée et conforme aux faits afin de préserver les relations de bon voisinage et d’éviter toute crispation diplomatique entre Lomé et Cotonou. Ils insistent également sur la nécessité de laisser les mécanismes judiciaires internationaux suivre leur cours.
Olivier A.









