Lomé, le 04 janvier 2026-(©AfreePress)- Le président du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), Daté Yao, s’est confié mardi à l’agence de presse AfreePress sur les démarches effectuées par sa formation politique en vue d’un retour à la normale dans la desserte d’eau dans la préfecture de Yoto (60 km au sud-est de Lomé). Localité frappée par une sévère pénurie d’eau.
L’homme est longuement revenu sur la problématique de l’accès à l’eau potable au Togo, mêlant dénonciation citoyenne, interpellation institutionnelle et propositions concrètes, tant sur la question de la tarification de l’eau que sur la pénurie persistante dans la préfecture de Yoto.
S’exprimant à propos des compteurs prépayés de la Togolaise des Eaux (TdE), le leader du CAR a expliqué avoir été saisi par de nombreuses plaintes venant des consommateurs, relatives à une facturation jugée excessive. « J’ai été saisi entre-temps du fait que les compteurs prépayés de la TdE, revenaient plus chers le mètre cube. Ils étaient facturés jusqu’à 1 000 francs CFA à peu près le mètre cube », a-t-il révélé.
Face à cette situation, Daté Yao dit avoir porté le débat sur la place publique. « J’en ai parlé dans une émission à la radio Victoire FM, où j’ai dénoncé cet état de fait », indique-t-il à AfreePress.
Selon lui, cette sortie médiatique a contribué à une révision à la baisse des tarifs, une évolution qu’il n’a pas manqué de saluer. « Ceux qui se plaignaient m’ont rappelé pour m’informer que le montant avait été revu à la baisse et que c’était désormais facturé autour de 150 FCFA le mètre cube, contre 250 FCFA pour les compteurs postpayés. J’ai alors félicité la TdE, tout en leur demandant de faire encore plus d’efforts afin de soulager les populations. Il faut faire en sorte que le postpayé et le prépayé soient au même prix », recommande-t-il.

Au-delà de la question tarifaire, le président du CAR a surtout insisté sur la crise hydrique aiguë qui prévaut dans la préfecture de Yoto, qu’il qualifie de « pénurie criarde ». « Dans cette préfecture, il y a une pénurie criarde d’eau », a-t-il martelé, avant de détailler les démarches entreprises auprès des autorités compétentes en vue de trouver une solution à la situation.
Le président national du CAR affirme avoir directement saisi le ministre chargé du secteur de l’Eau, M. Séna Alipui, saluant la célérité de sa réaction. « J’ai contacté le ministre, qui m’a reçu avec une diligence appréciable. Le lundi suivant, il a envoyé une délégation dans la préfecture de Yoto pour toucher du doigt le problème. J’ai été invité à me joindre à cette délégation », relate-t-il à l’agence de presse AfreePress.
La mission de terrain a permis, selon lui, de constater l’ampleur du problème. « Nous avons visité des stations de pompage et touché du doigt le problème. La délégation comprenait des techniciens de la TdE, qui nous ont expliqué le problème réel. Nous avons été mis au parfum de la situation », a-t-il fait savoir et de souligner le caractère inédit de cette collaboration entre pouvoir et opposition. « Cette démarche et cette ouverture sont à saluer, parce que dans le passé, un parti politique d’opposition qui va interpeller un ministre pour un problème, n’obtenait jamais de suite. Le ministre n’envoyait personne sur le terrain. Mais le ministre de l’eau l’a fait », s’est réjoui le leader du CAR espérant une issue favorable et rapide à la situation. « La délégation va rendre compte au ministre et certainement, il trouvera une solution pour les populations. Nous espérons que ce sera réglé rapidement », a souhaité M. Daté.
Au-delà des clivages politiques, le président du CAR revendique une conception responsable et constructive de l’action politique. « La politique, ce n’est pas seulement chasser le président Faure Gnassingbé du pouvoir. La politique, c’est aussi de trouver des solutions aux défis qui se posent aux Togolais », relève-t-il.
À travers cette prise de position, le CAR appelle à des solutions durables et structurelles pour garantir un accès équitable et continu à l’eau potable dans la préfecture de Yoto, plaidant pour la réhabilitation effective des infrastructures, une meilleure maintenance des stations de pompage et une gouvernance plus inclusive du secteur de l’eau.

Au Togo, la pénurie d’eau potable, longtemps aiguë dans plusieurs préfectures, a fait l’objet de réponses progressives et ciblées de la part de l’État, avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Dans la préfecture de la Kozah, notamment à Kara et dans ses environs, les difficultés d’approvisionnement ont été atténuées grâce à la réhabilitation et à l’extension des stations de traitement d’eau, au renforcement des capacités de pompage, ainsi qu’à la densification des réseaux de distribution. Ces actions ont été complétées par la mise en service de forages modernes équipés de systèmes solaires, réduisant la dépendance aux sources saisonnières et améliorant la continuité du service, aussi bien en milieu urbain que périurbain.
Dans la région des Savanes, durement éprouvée par le stress hydrique et l’insécurité liée aux changements climatiques, les autorités ont privilégié une approche combinant forages à grand débit, châteaux d’eau, mini-adductions d’eau potable et réhabilitation d’ouvrages existants, avec une implication accrue des collectivités locales dans la gestion et la maintenance. Des solutions similaires ont été déployées dans d’autres préfectures confrontées à la pénurie, notamment à travers des programmes nationaux d’accès à l’eau potable et des projets de gestion intégrée des ressources en eau, visant à assurer la durabilité des infrastructures, la participation communautaire et la sécurisation de l’approvisionnement à long terme. Ces expériences constituent aujourd’hui des références opérationnelles pour répondre à la crise hydrique dans des zones encore vulnérables, comme la préfecture de Yoto.
Olivier A.










