Lomé, le 19 octobre 2024 (©AfreePress) – Dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’engage à améliorer la qualité de l’enseignement au Togo. L’ex-ministre, Professeur Majesté Ihou Wateba, a récemment présenté les contours de cette réforme lors d’un débat sur les antennes de la Télévision nationale, la TVT. Ce programme ambitieux entrera en vigueur dès la rentrée universitaire 2024-2025.
Une nécessité d’harmonisation des formations
Les principales motivations qui sous-tendent cette réforme découlent du constat d’une désharmonisation dans l’enseignement supérieur privé. Selon les experts, les contenus pédagogiques varient considérablement d’un établissement à l’autre, bien que les étudiants soient censés obtenir les mêmes diplômes. Cette disparité pose un réel problème d’équité et de reconnaissance des diplômes. « Il est de la responsabilité de l’État de proposer un contenu unifié, adapté aux réalités nationales et internationales, afin d’assurer la qualité des formations, » soulignait alors à l’époque, le Pr Wateba.
Des curricula uniformisés pour une meilleure mobilité
L’une des problématiques soulevées par les observateurs du système concerne l’impossibilité pour certains étudiants de poursuivre leurs études d’une université à une autre au sein du même pays. Il a pris pour exemple les facultés de droit des universités de Lomé et de Kara, qui, non seulement portent des appellations différentes, mais proposent également des contenus pédagogiques distincts. Cette situation contraint les étudiants à faire homologuer leurs diplômes lorsqu’ils changent d’institution.
Désormais, cette incohérence sera résolue grâce à l’harmonisation des curricula dans les établissements publics et privés. Cette démarche est déjà bien avancée pour les cycles de Licence et de Master. « Aujourd’hui, tous les établissements savent exactement ce qu’ils doivent enseigner, et cela sera uniforme sur tout le territoire national », avait précisé le porteur de la réforme.
Recrutement et évaluation des enseignants : des garanties pour l’excellence
La réforme prévoit également l’identification des enseignants qualifiés, titulaires de doctorats issus des universités publiques, afin de garantir la qualité des cours dispensés. Ces enseignants seront mis à disposition des écoles, publiques comme privées, dans le cadre d’une évolution harmonieuse des grades académiques, notamment au sein du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES).
La prochaine étape sera l’évaluation des enseignants, non plus laissée au bon vouloir des établissements, mais encadrée par l’État. Depuis le 10 janvier 2024, un décret a transformé l’Office du BTS en Office des Examens Professionnels du Supérieur. Cet organisme est désormais chargé d’organiser les examens d’État pour les diplômes de Licence et de Master dans les établissements privés.

Des examens d’État pour une reconnaissance nationale des diplômes
À compter de la prochaine rentrée universitaire, l’État togolais organisera les examens dans les établissements privés, et les diplômes seront directement délivrés par l’État, sans nécessité d’homologation. En ce qui concerne les anciens diplômés des établissements privés, la loi n’étant pas rétroactive, ceux-ci continueront à passer par le processus d’homologation de leurs diplômes. Ce processus restera également en vigueur pour les diplômes obtenus à l’étranger, à condition que ces derniers ne soient pas issus d’examens d’État.
Un projet soutenu par le chef de l’État
Cette réforme est le fruit de la vision et du courage du chef de l’État, Faure Gnassingbé, qui a œuvré pour son aboutissement. La détermination des acteurs du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche a également joué un rôle clé dans l’opérationnalisation de ce projet ambitieux.
Grâce à cette réforme, le Togo se place sur la voie d’une crédibilité retrouvée en matière de diplômes universitaires, qui seront désormais infalsifiables et reconnus sur le plan international.









