Lomé, le 29 mars 2024-(©AfreePress)-Près de 72 heures après l’adoption par l’Assemblée nationale de la révision constitutionnelle, des réactions continuent d’émerger sur le processus et aux implications de cette décision.
L’économiste Kako Nubukpo exprime ses réserves, soulignant les risques potentiels d’une telle réforme pour l’avenir du pays.
Dans cette nouvelle version de la Constitution togolaise de 1992, plusieurs changements significatifs sont introduits, notamment la fin de l’élection présidentielle au suffrage universel direct, remplacée par une élection par les parlementaires en congrès. De plus, la durée du mandat présidentiel unique est étendue à six ans, tandis que les députés et les sénateurs sont élus pour des mandats de six ans renouvelables.
Le Prof Kako Nubukpo pose des questions quant à la légitimité du processus ayant conduit à cette révision. Selon lui, avec la fin du mandat de l’Assemblée nationale en décembre 2023 et les prochaines élections législatives prévues en avril 2024, l’Assemblée nationale n’a plus la capacité d’engager une telle réforme. Il questionne également le timing de la révision, à moins d’un an des élections présidentielles prévues en février 2025. Ce timing, dit-il, soulève des interrogations sur les motivations sous-jacentes.
Kako Nubukpo insiste sur la nécessité d’un débat public approfondi et d’une consultation de l’ensemble de la population avant d’apporter des modifications aussi importantes à la loi fondamentale du pays. Il met en garde contre le risque d’instrumentalisation de la Constitution à des fins politiques privées, ce qui pourrait, selon lui, compromettre la confiance dans les institutions et fragiliser l’unité nationale, particulièrement dans un contexte marqué par des défis sécuritaires.
Anika A.










