Lomé, le 12 avril 2024-(©AfreePress)-La révision constitutionnelle et l’entrée dans une 5e République, continue d’alimenter les débats au Togo. Après une tournée nationale d’information effectuée par les députés auprès de la population, c’est au tour des professionnels des médias de s’informer sur le sens et les enjeux de cette révision de la constitution.
C’était à la faveur d’une rencontre d’échange organisée, jeudi 11 avril 2024, par le Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP) en collaboration avec l’Observatoire togolais des médias et d’autres organisations de la presse togolaise.

Placée sous le thème : « Révision constitutionnelle pour la 5e République : sens et enjeux… », cette rencontre qui a été meublée de plusieurs panels a offert l’occasion aux spécialistes du Droit et d’autres personnes ressources, notamment des députés à l’Assemblée nationale, des historiens, de fournir de plus amples explications aux professionnels des médias sur les enjeux de cette nouvelle constitution.
« Il était important pour les professionnels des médias de s’offrir une immersion dans cette réforme importante qui va passer le Togo d’une 4e République à une cinquième avec l’avènement très prochainement d’un régime parlementaire. Et nous sommes donc à la veille probablement d’une transition institutionnelle importante avec plusieurs enjeux, que nous sommes des hommes et des femmes des médias pour pouvoir nourrir un débat citoyen au sein de l’opinion », a laissé entendre Germain Pouli, Président du CONAPP.
À travers les explications des experts en la matière, les professionnels des médias ont pris connaissance du contexte et des implications de la réforme constitutionnelle qui est aujourd’hui au cœur de tous les débats.
« Il faut que nous nous formions davantage pour mieux éclairer l’opinion », a rajouté le président du CONAPP.
Initiée par un groupe de députés, la nouvelle loi transforme le régime présidentiel pratiqué par le Togo, en régime parlementaire. Pour Prof Koffi KINI, Chef de Cabinet de la Présidente de l’Assemblée nationale, la modification de la constitution a suivi toutes les étapes réglementaires et son vote a été fait dans les règles de l’art.
« Nous avons veillé à ce que toute la procédure soit respectée. Pour d’autres textes de loi ou projets de loi, il peut arriver qu’on passe par la procédure d’urgence conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Par contre, le règlement intérieur interdit la procédure d’urgence quand il s’agit d’une révision de la Constitution. C’est pourquoi la proposition de loi a été déposée en décembre 2023 et n’a commencé à être étudiée que trois mois après. Donc la procédure a été suivie et pour éviter des vices », a-t-il rassuré.
Pour le juriste, le système parlementaire offrira aux Togolais la stabilité politique, l’inclusivité et la transparence dans la gestion des affaires publiques.
« C’est un système qui a fait ses preuves. Il faut qu’on dise la vérité à nos concitoyens. À aucun moment, nous nous sommes assis pour poser de bonnes questions pour savoir le type de régime qu’il faut pour notre pays. Chaque fois, c’est sur des crises que nous agissons. Mais pour cette constitution, les initiateurs ont pris cinq ans pour mûrir la question et arriver à cette proposition. À partir de ce moment, ce n’est plus la dictature d’une revendication ou d’une crise qui nous a amenés à cette réforme. Donc les initiateurs ont pris le bon soin de choisir le bon modèle et les contre-mesures pour proposer ce régime qui ne connaîtra pas d’instabilité car adapté à nos réalités », a insisté Prof KINI.
Pour le député Koffi Sodokin, le texte intégral sera accessible au public qu’après sa promulgation par le Chef de l’État.
Raphaël A.









