Lomé, le 28 décembre 2025-(©AfreePress)- La région de la Kara fait face, depuis le début de l’année 2025, à une sécheresse précoce d’une ampleur inhabituelle, conséquence directe des effets du changement climatique. La faiblesse persistante des précipitations a entraîné d’importantes perturbations hydrologiques, marquées par un rechargement insuffisant des nappes phréatiques et des retenues naturelles d’eau.
Le déficit pluviométrique, particulièrement accentué au mois de septembre, a favorisé une installation anticipée de la saison sèche, provoquant l’assèchement progressif de plusieurs sources alternatives. Cette situation exceptionnelle exerce une pression croissante sur l’approvisionnement en eau potable, notamment dans certains quartiers de la ville de Kara et de ses environs.
Le barrage de la Kozah à un niveau historiquement bas

Principale infrastructure d’alimentation en eau potable des préfectures de la Kozah, de la Doufelgou et de la Binah, le barrage de la Kozah, mis en service en 1979, se trouve aujourd’hui dans une situation critique. Habituellement alimenté par une pluviométrie favorable lui permettant d’atteindre, voire de dépasser, sa cote normale, l’ouvrage affiche cette année un niveau exceptionnellement bas.
À la sortie de la saison pluvieuse, le plan d’eau se situe à moins de 8 mètres, contre 16 mètres à la même période en 2024, un seuil jamais enregistré depuis la mise en exploitation du barrage. Cette baisse drastique a entraîné une réduction d’environ 40 % de la capacité de production, avec un volume journalier estimé à 4 500 m³, contre 11 000 m³ en situation normale.
Cette contrainte est aggravée par plusieurs facteurs concomitants, notamment l’évaporation accrue due aux températures élevées, la croissance démographique rapide et l’assèchement progressif des sources alternatives, qui accentuent la pression sur le barrage.

Une riposte anticipée des autorités publiques
Face aux premières tensions observées dans la desserte en eau potable des centres urbains du nord du pays, le Gouvernement togolais, en coordination avec les acteurs du secteur de l’eau, a engagé des mesures urgentes et préventives, articulées autour de deux axes majeurs.
Le premier volet porte sur la récupération et la valorisation de forages existants. Une cinquantaine de forages équipés de pompes à motricité humaine, situés principalement dans les zones semi-urbaines de Kara, Niamtougou et Pagouda, font l’objet de travaux de remise en service. Les opérations consistent notamment au démontage des équipements existants, au soufflage des forages, aux essais de pompage et à l’installation de nouvelles conduites pour leur raccordement au réseau de la Société Togolaise des Eaux (TdE).
À ce jour, 25 forages, soit près de 50 % de l’objectif, ont déjà été récupérés, et une douzaine sont opérationnels, certains étant aménagés en points d’eau autonomes pour desservir les quartiers périphériques et les zones en altitude.
Le second axe concerne la réalisation de nouveaux forages d’adduction d’eau potable. Au total, 150 nouveaux forages sont programmés dans les zones urbaines et semi-urbaines de Kara, Niamtougou et Pagouda. Les études préalables et la prospection géophysique ayant permis d’identifier les sites favorables, les travaux ont démarré, avec une quinzaine d’ouvrages déjà achevés après une semaine d’exécution.
Des projets structurants pour une sécurité hydrique durable
Au-delà des réponses d’urgence, les autorités poursuivent la mise en œuvre de solutions durables à moyen et long termes, destinées à sécuriser l’alimentation en eau potable de la région de la Kara. Parmi les projets structurants figurent notamment la construction d’un barrage polyvalent sur le fleuve Kara à Sarakawa, la mobilisation des ressources de la cascade de Sara à Bafilo, ainsi que la réalisation d’un barrage équipé d’une unité de traitement compacte sur la rivière Kara.

S’y ajoutent la modélisation et la sectorisation du réseau de distribution pour améliorer la desserte dans l’ensemble des quartiers de Kara, ainsi que l’autonomisation des grandes structures consommatrices – hôpitaux, casernes, université – par la réalisation de forages industriels dédiés.
Un appel à la responsabilité citoyenne
Dans ce contexte marqué par la rareté de la ressource, les autorités appellent à un civisme accru et à une gestion responsable de l’eau potable. Il est notamment recommandé d’éviter tout gaspillage, l’arrosage des espaces verts, le lavage des véhicules ou encore le remplissage des piscines durant la saison sèche.
La population est également invitée à signaler toute fuite ou anomalie sur le réseau en contactant les services de la TdE via le numéro vert gratuit 8994.
Olivier A.









