Lomé, le 26 février 2025 – (©AfreePress)- SUNU Bank Togo tente de reprendre la main sur la communication. Dans un contexte marqué par la fermeture d’agences, des suppressions d’emplois et des doutes sur sa santé financière, la banque a rendu public un communiqué visant à rassurer sa clientèle et à justifier sa réorganisation en cours.
Dans sa déclaration officielle, SUNU Bank Togo affiche une volonté de transparence. Elle se présente comme une institution résolument tournée vers l’avenir, mettant en avant sa récente certification PCI-DSS (Payment Card Industry Data Security Standard), gage de sécurité pour les systèmes de paiement. Cette distinction est brandie comme la preuve tangible de son engagement envers la sécurité des transactions et la conformité réglementaire.
La banque insiste sur la continuité de ses services. Elle assure que toutes ses agences demeurent opérationnelles et que ses plateformes numériques restent accessibles 24 heures sur 24 via l’application MySUNU Bank. Un message qui se veut apaisant face aux inquiétudes croissantes.
Pourtant, derrière cette communication maîtrisée, la réalité semble plus complexe. La restructuration de SUNU Bank Togo s’accompagne de critiques acerbes émanant des syndicats et des employés. Beaucoup dénoncent un plan de redressement davantage axé sur la réduction des coûts que sur la préservation des emplois et des acquis sociaux.
Le SYNBANK, principal syndicat du secteur bancaire, n’a pas mâché ses mots dans une récente sortie publique. « La direction veut faire porter le poids de ses erreurs de gestion sur les salariés », déplore le syndicat. Les griefs s’accumulent : dépenses somptuaires, primes extravagantes pour certains cadres, investissements numériques au rendement incertain.

D’après des informations obtenues par AfreePress, les performances financières de SUNU Bank Togo auraient chuté ces dernières années. Un rapport de la BCEAO (Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest) pointe un taux de créances douteuses de 18,7 %, bien au-delà de la norme régionale fixée à 15 %. Les pertes d’exploitation s’élèveraient à plus de 9 milliards de FCFA sur trois ans, en partie dues à des choix stratégiques controversés.
L’audit de la BCEAO met également en lumière des pratiques douteuses dans l’octroi de crédits. Certains prêts auraient été accordés à des entreprises proches de membres de la direction, sans garanties suffisantes. Un manque de rigueur qui alourdit un peu plus le passif de la banque.
Alors que la banque tente de se repositionner, les observateurs restent sceptiques. SUNU Bank Togo parviendra-t-elle à redresser la barre sans sacrifier ses employés et sans compromettre la qualité de ses services ? La réponse se jouera sans doute dans les prochains mois, sous l’œil vigilant des autorités de régulation et de sa clientèle.
Albertine A.









