Lomé, le 23 octobre 2025-(©AfreePress)- Le Ministère de l’Eau et de l’Assainissement, à travers le Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PASH-MUT), poursuit une vaste étude technique visant à évaluer l’état de fonctionnement des forages exploités par la Togolaise des Eaux (TdE).
Lancée le 18 août dernier, cette opération intervient dans un contexte de baisse de productivité observée sur plusieurs sites d’exploitation. En effet, l’alimentation en eau potable du Grand Lomé repose exclusivement sur les eaux souterraines prélevées dans trois grands aquifères : le Continental terminal, le Paléocène et le Maestrichtien. Quinze forages affichant une baisse notable de rendement ont été identifiés, notamment dans le Maestrichtien, où la situation est jugée préoccupante.
Le programme prévoit une inspection approfondie des ouvrages, à travers des opérations de soufflage, de tests de pompage et d’auscultations par caméra vidéo, afin d’en déterminer les causes des dysfonctionnements et de proposer des solutions de réhabilitation durables.
Sur le terrain, l’atmosphère est studieuse. À Adétikopé, par exemple, l’équipe technique est mobilisée autour du forage C’10, mis en service en 1994. « Le soufflage et les essais de pompage nous permettront d’évaluer la capacité réelle du forage et de définir les traitements adaptés : décolmation, traitement chimique ou redéveloppement. Certains sites gravement détériorés pourront toutefois être abandonnés », explique Souleymana Daré, ingénieur électromécanicien à la TdE.

Dans les quartiers de la capitale, les populations expriment leur espoir. « Quand la pression baisse, on attend des heures avant d’avoir de l’eau. On espère que ces travaux vont améliorer la situation », confie Akossiwa, habitante d’Agoè.
Selon le consultant principal, Mohamed Benassi, « dix forages ont déjà été inspectés par caméra et neuf essais de pompage réalisés sur les quinze identifiés. Un rapport technique présentera les anomalies constatées, leurs causes et les actions correctives à mettre en œuvre ».
Les conclusions de cette étude, attendues d’ici fin novembre 2025, serviront de base à un programme de réhabilitation et d’extension soutenu par la Banque mondiale, dans le but de sécuriser durablement l’accès à l’eau potable dans le Grand Lomé, une agglomération en pleine expansion démographique, désormais proche des trois millions d’habitants.
Olivier A.









