Lomé, le 12 janvier 2026 -(©AfreePress) – À la suite de rumeurs non encore confirmées, de l’annonce d’une possible ouverture d’un dialogue entre les acteurs de la scène politique togolaise, l’ancien député Jean Kissi a livré une analyse critique de la démarche et de la situation sociopolitique nationale.
Invité de l’émission Audi Actu de Radio Victoire FM le 12 février 2026, l’ancien secrétaire général et porte-parole du Comité d’action pour le renouveau (CAR) s’est interrogé sur la portée réelle des intentions affichées par les autorités.
Le pouvoir entend-il effectivement élargir le champ politique ? L’opposition pourra-t-elle organiser librement ses manifestations, meetings et réunions publiques ? Aura-t-elle un accès équitable aux médias pour exprimer ses positions ? Pourra-t-elle louer des salles, y compris des espaces confessionnels ou publics, afin de débattre avec les citoyens ? Autant de questions qui, selon Jean Kissi, demeurent sans réponses concrètes.
« Depuis des années, le dialogue est évoqué de manière récurrente. Certains affirment qu’ils sont prêts à dialoguer mille fois si nécessaire. Mais la véritable question est : dialogue pour quoi faire ? Avec quelles garanties ? Et sur quelles bases nouvelles ? », s’interroge-t-il.
L’ancien parlementaire insiste sur la nécessité d’un cadre clair. Qui prend l’initiative formelle ? Qui fixe l’ordre du jour ? Qui garantit l’application effective des conclusions ?
Selon lui, un dialogue crédible ne peut reposer sur des annonces vagues ni sur des initiatives informelles portées par des partis politiques isolés. « C’est à l’État, à travers le gouvernement, d’assumer une invitation officielle, structurée et transparente », estime-t-il.
Jean Kissi déplore par ailleurs ce qu’il qualifie de déficit de communication gouvernementale. « Les ministres ont des obligations institutionnelles. Pourtant, on ne les entend plus. On ne voit plus d’explications publiques sur les grandes décisions nationales », observe-t-il.
Ce silence alimente, selon lui, un sentiment d’opacité et nourrit la méfiance populaire.
Au-delà du dialogue, l’ancien député estime que le pays traverse une crise institutionnelle profonde. Il évoque une situation qu’il assimile à un « coup d’État constitutionnel », faisant référence à l’adoption de la nouvelle Constitution.
« On affirme que nous sommes dans la Cinquième République. Mais une partie importante de la population n’a jamais été appelée à se prononcer par référendum. Dans ces conditions, certains citoyens continuent de se considérer dans la Quatrième République », soutient-il.
Pour Jean Kissi, le passage d’une République à une autre devrait reposer sur une légitimation populaire explicite. Il s’interroge notamment sur la chronologie des événements. La réforme, a-t-elle été expliquée avant ou après son adoption parlementaire ?
Selon lui, le débat ne porte pas uniquement sur la légalité formelle du processus, mais sur sa légitimité politique et populaire.
En conclusion, l’ancien député estime que le Togo a besoin, au-delà des déclarations, d’un cadre institutionnel clarifié et d’engagements concrets susceptibles de restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés.
Albertine A.









