Lomé, le 11 juin 2025 – (©AfreePress)- Les suites judiciaires des manifestations contre le pouvoir en place, survenues les 5 et 6 juin derniers à Lomé, commencent à se dessiner.
Sur les nombreuses personnes interpellées au cours de ces mobilisations dénonçant la gouvernance du président Faure Essozimna Gnassingbé, 65 ont été libérées, tandis que trois individus ont été officiellement inculpés. Parmi les personnes mises en cause figurent Steeve Didier Rouyar, ressortissant français actif dans le domaine de la communication, Yao Mario Junior Zodzi, électro-technicien togolais, Arioh Akewome Lito, conducteur de taxi-moto.
Ils sont poursuivis pour trouble aggravé à l’ordre public et complot contre la sûreté intérieure de l’État, deux chefs d’accusation lourds dans le contexte politique actuel.
Selon les informations obtenues par AfreePress, une quinzaine d’autres personnes devrait être présentée dans les prochaines heures au procureur de la République, tandis qu’environ une vingtaine de citoyens seraient encore en garde à vue. Leur détention a été prolongée « pour les besoins de l’enquête », a indiqué le procureur dans un communiqué officiel lu sur la télévision nationale lundi soir.
Les arrestations ont eu lieu principalement dans certains quartiers de la capitale, au moment où des rassemblements spontanés dénonçaient la récente réforme constitutionnelle, la vie chère, et des cas d’arrestations ciblées, comme celle du rappeur Aamron. Ce dernier, connu pour ses critiques virulentes à l’encontre du régime, a été interpellé le 26 mai à son domicile par des gendarmes, puis transféré dans un hôpital psychiatrique après la diffusion controversée d’une vidéo de « repentance » sur TikTok. Son avocat, également président de la Ligue togolaise des droits de l’homme, dénonce une vidéo obtenue « sous contrainte ».
Par ailleurs, plusieurs journalistes, dont une correspondante de TV5 Monde, ont brièvement été interpellés au cours des manifestations.
Les autorités jugent ces mobilisations illégales, y voyant une tentative de « révolte contre les institutions de la République ». Les avocats de la défense exigent la libération immédiate de toutes les personnes encore détenues.
Olivier A.









