Lomé, le 06 août 2025 -(©AfreePress)-Les origines du drame sanitaire qui a frappé le village de Kpétsou, dans la préfecture du Bas-Mono, le 27 juillet dernier, sont désormais connues. Selon un rapport officiel de l’Institut National d’Hygiène (INH), signé par sa directrice, Dr Wemboo Afiwa Halatoko, l’intoxication ayant touché plusieurs personnes et tué plusieurs autres, serait liée à une toxi-infection alimentaire d’origine microbienne, provoquée par une contamination poly-bactérienne.
L’enquête a été centrée sur un bouillon de sang de bœuf, commercialisé ce jour-là au marché de Kpalogo. Des échantillons ont été prélevés sur le produit suspect, sur les selles des patients affectés et sur l’eau de puits utilisée dans un foyer de la localité. Les analyses microbiologiques ont révélé la présence de plusieurs agents pathogènes, notamment la bactérie Escherichia coli, ainsi que les bactéries Bacillus spp, et Clostridium spp.
Selon le rapport, ces bactéries ont été identifiées dans le bouillon comme dans les échantillons biologiques, confirmant une contamination massive vraisemblablement due à de mauvaises pratiques d’hygiène, soit au moment de la préparation, soit lors de la vente du produit.
Les personnes intoxiquées ont présenté des symptômes particulièrement sévères : diarrhées sanglantes, vomissements, douleurs abdominales aiguës, fièvre et épuisement extrême. Dr Halatoko évoque un mécanisme d’agression à la fois sécrétoire et invasif du système digestif, ce qui expliquerait l’intensité des symptômes.
Malheureusement, deux décès sont à déplorer à ce jour, un chiffre qui illustre la gravité de l’incident et met en lumière l’urgence de renforcer les mesures sanitaires dans les marchés locaux, notamment en matière de contrôle des denrées périssables.
Des investigations toxicologiques complémentaires sont actuellement menées à l’Université de Lomé, en parallèle à une étude métagénomique conduite par l’INH, dans l’objectif d’approfondir les analyses et d’identifier d’éventuels agents infectieux secondaires.
Ce drame sanitaire rappelle la nécessité d’une veille rigoureuse des pratiques alimentaires, particulièrement dans les zones rurales, où l’absence de surveillance sanitaire peut s’avérer dramatique.
Albertine A.










