Lomé, le 16 février 2025 – (©AfreePress) – Le coup d’envoi du 22ᵉ Congrès International et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AfWASA–ICE2025) a été donné, dimanche 16 février au Speke Resort Munyonyo, à Kampala, en Ouganda. Cette rencontre d’envergure, qui se tiendra jusqu’au 20 février, réunit plus de 4 000 experts, décideurs et professionnels du secteur venus de plus de 40 pays pour débattre des enjeux liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sur le continent.
Un engagement politique fort
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre ougandais de l’Eau et de l’Environnement, Hon. Sam Cheptoris, a souligné l’importance de ce congrès dans un contexte où l’accès universel à l’eau et à l’assainissement demeure un défi majeur pour l’Afrique.
« L’eau est un droit fondamental. Nous devons redoubler d’efforts pour garantir un accès équitable et durable à cette ressource essentielle, » a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une coopération accrue entre les États africains et les partenaires techniques et financiers. Il a également rappelé les initiatives mises en place par l’Ouganda, notamment la restauration de 445 km² de zones humides et l’interdiction de la production de charbon de bois dans le nord du pays pour lutter contre la déforestation.
Le Ministre ivoirien des Eaux et des Forêts, Laurent TCHAGBA représentant la Côte d’Ivoire à ce sommet, a pour sa part insisté sur les défis encore présents sur le continent.
« Aujourd’hui, 30 % des Africains ne bénéficient toujours pas d’un accès fiable à l’eau potable et à des services d’assainissement dignes. Il est impératif d’accélérer les investissements et de renforcer nos engagements, » a-t-il plaidé. Il a rappelé que lors du précédent congrès, la Déclaration d’Abidjan avait posé des bases solides pour une gestion plus durable des ressources en eau, en mettant l’accent sur la nécessité d’un financement pérenne et de mécanismes de suivi renforcés.
Des solutions innovantes au cœur des débats
Cette édition, placée sous le thème : « L’eau et l’assainissement pour tous : un avenir sûr pour l’Afrique », met en avant des axes stratégiques pour accélérer l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) en matière d’eau et d’assainissement. Au programme, plusieurs sessions qui vont aborder les grandes problématiques du secteur à savoir : l’amélioration de la gouvernance et des cadres réglementaires pour une gestion plus efficace des ressources en eau, le financement des infrastructures hydrauliques à travers des modèles innovants, notamment des partenariats public-privé, l’impact du changement climatique sur la disponibilité de l’eau et l’adaptation des infrastructures, l’innovation technologique, avec la présentation de solutions avancées pour le traitement et la distribution de l’eau potable.
“C’est avec un enthousiasme mêlé de fierté et de conviction que je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous présenter l’Association Africaine de l’Eau et d’assainissement reconnue comme une référence incontestée en matière de gouvernance et dans le domaine de l’eau et de l’assainissement sur notre continent”, a laissé entendre pour sa part, M. Olivier Gosso, Directeur exécutif de l’AAEA qui a fait la présentation ainsi que l’historique de l’association à l’assistance. “Au cœur de notre action, un plan stratégique régulièrement actualisé. nous nous positionnons en véritables acteurs d’un futur où chacun se mue en véritable architecte de progrès et chaque action est un levier de développement durable. Notre engagement en faveur du partage des savoirs, de la coopération entre pairs et de la valorisation des réseaux professionnels témoigne de notre ambition d’innover », a-t-il indiqué dans son discours de circonstance.
Selon un expert du secteur présent à l’événement, « l’Afrique ne manque pas de ressources en eau, mais souffre d’un problème de gestion et de financement. Nous devons adopter des solutions pragmatiques et adaptées aux réalités locales pour garantir un accès universel d’ici 2030 », recommande celui-ci.
Vers des engagements concrets
Ce 22ᵉ congrès se veut un espace d’échanges et d’engagements concrets entre les gouvernements, les institutions financières et les acteurs privés du secteur. L’objectif est de définir des stratégies communes pour réduire de 50 % le déficit d’accès à l’eau et à l’assainissement d’ici 2030 et garantir un avenir plus sûr aux populations africaines.
Dans son discours lors de la cérémonie, le ministre ougandais a lancé un appel à l’action : « Nous avons les compétences, les ressources et la volonté. Il est temps de transformer nos discours en actions concrètes pour assurer un avenir hydrique durable à notre continent », a-t-il martelé.
S’exprimant lors de la cérémonie, Dr Silver Mugisha, Directeur Général de National Water and Sewerage Corporation (NWSC), l’hôte de l’événement, a déclaré que ce congrès sera l’occasion d’évaluer les progrès en matière d’accès à l’eau et aux services d’assainissement sur le continent. Il offrira également aux délégués des opportunités de réseautage et de partenariats commerciaux.

Le 22è congrès de l’AAEA et d’exposition a été officiellement lancé par Mme Lukia Isanga Nakadama, troisième Vice-Premier ministre et ministre sans portefeuille. La cérémonie s’est déroulée en présence du président sortant de l’AAEA, Dr Enge Silver Mugisha et de son successeur, Dr Moussa Blaise. Plusieurs partenaires importants de l’association ont pris également part à cette cérémonie ainsi qu’un parterre de diplomates accrédités en Ouganda.
Il rassemble environ 4000 acteurs de l’eau et de l’assainissement venus de diverses régions du monde pour partager des expériences, échanger des idées et collaborer sur les meilleures pratiques et politiques pour la croissance du secteur.
Le congrès se poursuivra avec des ateliers et des discussions techniques visant à renforcer la coopération et l’innovation dans le domaine de l’eau et de l’assainissement en Afrique ainsi que d’une exposition qui a officiellement démarré, ce dimanche.
Il y a lieu de rappeler qu’au cours de la cérémonie d’ouverture, a été officialisé l’entrée en vigueur de l’Académie Africaine de l’Eau et de l’Assainissement destiné aux jeunes professionnels du secteur de l’eau et de l’assainissement.
Olivier ADJA









