Lomé, le 1er juillet 2026-(©AfreePress) – Le marché moderne de Cacaveli entend devenir le symbole d’une nouvelle approche de la consommation durable au Togo. Avec le lancement officiel du projet : « Marché Vert », le 27 juin dernier, l’agence SONZI et la startup LIYOK GREEN ont donné le coup d’envoi d’une campagne de longue haleine visant à réduire progressivement l’usage des sachets plastiques au profit d’emballages naturels, inspirés des pratiques ancestrales.
À travers cette initiative, les promoteurs souhaitent remettre au goût du jour des solutions longtemps utilisées dans les marchés traditionnels, notamment les feuilles de bananier, les feuilles de teck et les paniers en raphia, considérés comme des alternatives écologiques aux emballages plastiques devenus omniprésents dans les espaces commerciaux et responsables d’une pollution grandissante.

Le lancement du projet s’est traduit par des gestes concrets. Les clientes ont reçu des sacs de courses réutilisables tandis que les commerçants se sont vu remettre des feuilles naturelles destinées à l’emballage de leurs produits. Au-delà de cette distribution, les initiateurs affichent l’ambition de faire du marché de Cacaveli, le premier marché écologique de référence au Togo.
Pour Liliane OFFISSA, responsable de SONZI, il ne s’agit pas d’une simple campagne de sensibilisation, mais d’un véritable changement de comportement.
« Le Marché Vert est avant tout un cadre de sensibilisation et d’action concrète en faveur de la protection de l’environnement », a-t-elle expliqué, estimant que le projet constitue un retour à des pratiques traditionnelles qui conciliaient naturellement préservation de l’environnement et sécurité sanitaire.
Même vision du côté de KANGBENI Dambé, Directeur général de LIYOK GREEN, qui inscrit cette initiative dans une stratégie durable.
« Nous ne lançons pas une action ponctuelle, mais une démarche qui s’inscrit dans une vision à long terme », a-t-il souligné.
Le choix du marché de Cacaveli comme site pilote n’est pas fortuit. Selon son administrateur, Fiacre Atsou, plusieurs actions étaient déjà engagées pour améliorer la salubrité du marché, facilitant ainsi l’adhésion à ce nouveau projet.
« Nous accueillons cette initiative avec enthousiasme. Elle vient renforcer les efforts déjà entrepris pour limiter la pollution dans notre marché », a-t-il déclaré.
La mise en œuvre reposera sur une stratégie progressive. Des campagnes de sensibilisation seront organisées d’abord chaque mois, puis de manière hebdomadaire afin d’ancrer durablement les nouveaux réflexes auprès des commerçants et des consommateurs. Les équipes du projet interviendront aussi bien dans l’enceinte du marché que dans les quartiers environnants, avec l’appui des réseaux sociaux et de différents canaux de communication.
Pour les responsables du marché, la pollution plastique dépasse largement le cadre commercial.
« Lorsque les caniveaux sont obstrués, les inondations touchent tout le monde. Chacun paie les conséquences de cette pollution », a rappelé Fiacre Atsou.
Présent au lancement, Amidou Sani, représentant du ministère de la Santé, a salué une initiative qui vient renforcer les efforts engagés par les pouvoirs publics dans la lutte contre les déchets plastiques. Malgré le décret adopté en 2011 limitant l’utilisation de certains emballages plastiques, les défis demeurent importants.
Le représentant du ministère a rappelé que les plastiques mettent plusieurs décennies à se dégrader, contribuent à la dégradation des écosystèmes et présentent des risques pour la santé publique. Il a invité les consommateurs à jouer pleinement leur rôle en privilégiant des alternatives respectueuses de l’environnement, estimant que la demande peut accélérer la transition vers des pratiques plus responsables.

Si les résultats obtenus à Cacaveli sont concluants, les promoteurs envisagent déjà une extension du projet à d’autres marchés du pays.
« Notre ambition est de faire du marché de Cacaveli un véritable modèle national de marché écologique et d’inspirer d’autres collectivités à suivre cette voie », a affirmé Liliane OFFISSA.
En réhabilitant des modes d’emballage longtemps délaissés au profit du plastique, le projet « Marché Vert » ambitionne ainsi de conjuguer héritage culturel, protection de l’environnement et santé publique. Une expérience pilote qui pourrait marquer une étape importante dans la transition écologique des marchés togolais.
Olivier A.










