Lomé, le 24 août 2026-(©AfreePress)- Après une première année consacrée à l’implantation et à la mobilisation, les Clubs Santé SOS Docteur TV abordent une phase décisive de leur développement : celle de l’autonomisation. À Atakpamé, les 19 et 20 août derniers, une centaine d’acteurs ont pris part à la revue annuelle de performance 2025, avec une ambition clairement affichée par l’Association Internationale des Médecins pour la promotion de l’Éducation et de la Santé en Afrique (AIMES-AFRIQUE) : transformer une initiative portée par ses promoteurs en un dispositif durablement enraciné dans les établissements scolaires.
Placée sous le thème : « Approche 360° : Informer, Engager, Mobiliser, Agir et Mesurer », la rencontre a servi à la fois de miroir et de boussole. Miroir pour apprécier le chemin parcouru depuis le lancement des Clubs Santé ; boussole pour fixer le cap de la période 2026-2027.

Un an pour changer d’échelle
En douze mois, le programme a franchi un premier seuil. Les Clubs Santé sont désormais déployés dans les sept régions éducatives du Togo, couvrant 18 inspections pédagogiques et les 39 préfectures. La dynamique touche notamment les établissements secondaires et s’appuie sur un réseau d’encadreurs, d’élèves, de parents et d’acteurs du système éducatif.
Pour AIMES-AFRIQUE, l’enjeu n’est toutefois plus seulement de multiplier les clubs. Il consiste désormais à faire en sorte que ceux-ci deviennent des structures capables de fonctionner, d’initier des activités et de produire des résultats même lorsque les équipes de l’organisation ne sont pas physiquement présentes.
C’est précisément là que se situe le nouveau défi.
« Même si AIMES-AFRIQUE/SOS DOCTEUR TV n’intervient pas physiquement dans un établissement pendant plusieurs mois, les Clubs Santé continuent à fonctionner correctement » : cette vision, rappelée lors de la revue, résume la nouvelle philosophie du programme.

L’autonomie, plus qu’un slogan
L’autonomisation ne devrait donc pas se limiter à une simple réduction de l’accompagnement extérieur. Elle suppose une véritable appropriation institutionnelle et communautaire du dispositif.
À Atakpamé, les participants ont ainsi travaillé sur la clarification des rôles et responsabilités des différentes structures d’encadrement, notamment le Comité national des encadreurs (CNE), les Comités régionaux d’encadrement (CRE), les Comités d’inspection et d’encadrement (CIE), les Comités préfectoraux d’encadrement (CPE), mais aussi le Comité interministériel de coordination et d’orientation (CIMCO) et le Secrétariat technique permanent (STP).
La question des ressources a également occupé une place centrale. Ressources humaines, matérielles et financières : les clubs devront progressivement apprendre à identifier, mobiliser et valoriser les moyens disponibles dans leur propre environnement.
Une mutation qui change la nature du projet. Après avoir réussi le pari du déploiement, AIMES-AFRIQUE veut désormais démontrer que le modèle peut survivre à la présence de son initiateur.
Former, responsabiliser et faire émerger une génération nouvelle

L’ambition des Clubs Santé dépasse d’ailleurs largement la seule sensibilisation aux questions sanitaires. Le dispositif se veut également un laboratoire d’apprentissage citoyen et de développement personnel.
À travers l’éducation non formelle et les activités parascolaires et extrascolaires, les promoteurs souhaitent contribuer à l’émergence d’une jeunesse en bonne santé, responsable, engagée et épanouie. Le programme met également l’accent sur le leadership transformationnel, la masculinité positive, le leadership féminin ainsi que l’excellence en milieu scolaire et universitaire.
Cette orientation est cohérente avec d’autres initiatives développées par AIMES-AFRIQUE et SOS Docteur TV. En 2026, le programme a notamment investi le terrain de la culture sanitaire avec le championnat national « Génie Imhotep », une compétition destinée aux Clubs Santé et conçue pour stimuler les connaissances des élèves en santé publique tout en valorisant l’excellence scolaire.
Le leadership féminin constitue également un axe assumé. En mars dernier, Serge Michel Kodom mettait notamment en avant la composition des bureaux des clubs, avec une majorité de filles, comme levier destiné à favoriser leur participation aux instances de décision.
Le deuxième acte commence maintenant
Au terme des deux journées d’Atakpamé, les participants ont formulé et validé des recommandations devant nourrir la feuille de route 2026-2027. Un rapport officiel de performance 2025 doit également être élaboré et diffusé auprès des parties prenantes.

La prochaine étape sera donc moins spectaculaire que le lancement national, mais probablement plus déterminante : faire passer les Clubs Santé de la logique d’implantation à celle de la pérennité.
Le pari est désormais clair pour AIMES-AFRIQUE : faire des établissements scolaires non plus de simples bénéficiaires, mais les véritables dépositaires du dispositif. Si la première année a permis de mesurer la capacité de mobilisation, les prochaines devront démontrer celle d’auto-organisation.
Autrement dit, le véritable succès des Clubs Santé ne se mesurera plus uniquement au nombre d’établissements couverts, mais à leur capacité à continuer d’agir lorsque ceux qui les ont fait naître se mettent en retrait.
Après avoir semé, AIMES-AFRIQUE veut maintenant vérifier si les Clubs Santé sont suffisamment enracinés pour grandir seuls.
Olivier A.










