Lomé, le 16 avril 2024-(©AfreePress)-Au Togo, selon la branche togolaise de l’Association pour l’étude d’ostéosynthèse (AO Alliance), environ 6 à 8 patients sur 10 conduits à l’hôpital sont des accidentés, souvent avec des blessures graves nécessitant un traitement coûteux. Face à ce constat alarmant, l’AO Alliance prévoit d’impliquer les médias dans la sensibilisation de la population aux enjeux de la traumatologie routière au Togo.
C’est dans ce sens qu’une journée d’information et de sensibilisation a été organisée à l’endroit des professionnels des médias, le samedi 13 avril 2024 à Lomé.
« Cette journée a été initiée dans l’optique de permettre aux journalistes d’avoir des notions de base sur la pratique et les soins en traumatologie orthopédique au Togo, de comprendre les enjeux des patients victimes de traumatisme et de fracture, d’avoir les outils pour répondre à la problématique devant des populations qui sont demandeuses d’information, et aussi d’avoir des éléments pour pouvoir traiter les problèmes, y compris les sujets controversés », a indiqué le Prof. Gamal Ayouba, médecin traumatologue et orthopédiste.
Selon le Prof. Anani Abalo, président de l’AO Alliance-Togo, les accidents de la route sont la première cause de décès des jeunes (25 et 29 ans) au Togo. Le médecin traumatologue et orthopédiste dévoile que seulement un patient sur 3 arrive à trouver des moyens pour une prise en charge adéquate des lésions complexes. Il a insisté sur le changement de comportement des usagers de la route pour renverser la tendance.
« Le taux de mortalité lié aux accidents de circulation dans les pays à faibles revenus est presque le triple de celui des pays à revenus élevés. Au cours des 6 premiers mois de l’année 2023, on a enregistré 3 262 accidents de la route avec 282 décès (195 décès dus à des accidents de moto) et 4 611 blessés », a-t-il déclaré, en recommandant la normalisation des soins traumatologiques aux patients dans les pays à faible et moyen niveaux économiques à l’instar du Togo.
« Les soins traumatologiques sont coûteux. Quand quelqu’un est blessé et on veut l’opérer, ce n’est pas moins de 300 ou 400 mille FCFA », a ajouté le Prof. Gamal Ayouba.
Cette rencontre d’information a élégamment permis aux agents de santé de présenter les différents types de fractures, leurs prises en charge ainsi que les défis auxquels ils sont confrontés. Et au rang de ces défis, les chirurgiens évoquent en premier lieu, le manque de personnel.
D’après les informations fournies, il n’y a que 23 chirurgiens traumatologues au Togo pour traiter les 8,5 millions de Togolais, soit un chirurgien pour 369 le 565 habitants. Et pire, il n’y a qu’un seul médecin rééducateur dans le pays. Cette situation est causée selon eux par le phénomène de la fuite des cerveaux.
La majorité des médecins togolais, après leurs formations à l’étranger, ne rentrent plus au pays. Pour changer la donne, l’AO Alliance Togo recommande le renforcement du patriotisme, la disponibilité des bourses d’études et la motivation à travers l’amélioration des conditions de travail.
Sur le plateau technique, ces médecins notent une amélioration progressive tout en exhortant les autorités à faire davantage en mettant plus de moyens dans la santé.
« Il faut augmenter le budget de la santé, améliorer l’organisation des urgences, améliorer l’accès aux soins en urgences (AMU, INAM et assurances privées opérationnelles en urgence), renforcer le plateau technique et doter les hôpitaux et le service de sapeurs-pompiers d’ambulances médicalisées », ont-ils recommandé.
Un autre défi soulevé, porte sur les complications induites par les traitements traditionnels.
« Les gens préfèrent aller chez les tradithérapeutes pour un traitement de fractures, qu’elles soient ouvertes ou fermées. Ce n’est pas normal. Il faut aller à l’hôpital pour savoir ce qu’il faut faire comme soin parce que le traitement traditionnel des fractures ne réussit pas et avec le temps et les complications, on est obligé d’amputer les membres concernés pour sauver la vie du patient », a lancé le Prof. Gamal Ayouba.
L’AO Alliance est un organisme de développement à but non lucratif qui œuvre pour l’amélioration des soins aux fractures pour les patients dans les pays à revenus faible et intermédiaire.
Raphaël A.









