Lomé, le 26 août 2024-(©AfreePress)-Après la justice togolaise, c’est le tour des Organisations de la société civile de réagir et de condamner l’enlèvement de l’activiste béninois, Steve AMOUSSOU, sur le territoire togolais par le gouvernement béninois.
Dans un communiqué rendu public, dimanche 25 août 2024, ces organisations de la société civile togolaise, au nombre de onze (11), qualifient cet acte de « provocation, digne de grand banditisme d’État » commis par les autorités béninoises.
« Par communiqué en date du 22 août 2024, les Organisations de la Société Civile togolaises signataires ont dit toute leur indignation et consternation face à l’acte crapuleux d’enlèvement de Monsieur Steve AMOUSSOU, de nationalité béninoise, établi sur le territoire togolais et dénoncé l’éventualité d’un deal politique entre les autorités de la République du Bénin et celles du Togo, surtout au regard du silence gardé par elles. Par communiqué du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Lomé, rendu public le 25 août 2024, il ressort : premièrement que la piste d’un enlèvement est bel et bien confirmée ; deuxièmement que les autorités compétentes du Togo ne sont pas impliquées dans cet acte d’enlèvement ; troisièmement qu’une enquête a été diligentée par la justice togolaise et a permis d’identifier les présumés auteurs de cet acte ; deux (02) d’entre eux ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt… », a indiqué le communiqué.
Les organisations de la société civile signataires ont salué la démarche judiciaire engagée par les autorités togolaises tout en les exhortant à prendre toutes les dispositions pour informer à temps l’opinion, afin de ne pas laisser libre cours à des interprétations divergentes, somme toute légitimes.
Pour ces organisations, il est inadmissible et inacceptable qu’un responsable d’une institution ayant en charge la sécurité d’un État entre sur le territoire d’un autre État sans être identifié à la frontière, puis parvienne, dans les mêmes circonstances, à conduire une opération d’enlèvement.
« C’est à la fois un affront et un défi lancés aux autorités en charge de la sécurité de notre pays le Togo. C’est pourquoi les organisations de la société civile exigent du gouvernement du Togo que des responsabilités soient clairement situées, en particulier au niveau du dispositif sécuritaire mis en place sur tout le circuit qui a conduit à cet enlèvement troublant et que des sanctions soient prises à cet effet », a précisé le communiqué.
Les OSC togolaises (ALCADES – ASVITTO – GAGL – GCD – GLOB – FDP– LCT – LTDH – MCM – MJS et SEET) demandent aux autorités du Togo de prendre, de toute urgence, des mesures idoines pour pallier les failles et les défaillances sécuritaires aux frontières du Togo après cette intrusion des agents béninois.
« Les organisations de la société civile déplorent et condamnent avec la plus grande fermeté cet acte de provocation, digne de grand banditisme d’État commis par les autorités béninoises, en violation du droit international et des règles de bon voisinage entre États », a poursuivi le communiqué.
Elles ont par la même occasion interpellé la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, la Commission et la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO sur cet acte « dangereux » commis par des autorités béninoises et qui, selon elles, est de nature d’une part, à mettre en danger la liberté et la vie des citoyens de l’espace communautaire, et d’autre part, à nuire gravement aux relations de bon voisinage entre les peuples.
Raphaël A.









