Lomé, le 05 novembre 2025 -(©AfreePress)- Le Togo poursuit son engagement en faveur d’un accès équitable à la santé pour tous. Dans le cadre du renforcement de la protection sociale, le gouvernement a annoncé l’extension du dispositif de l’Assurance Maladie Universelle (AMU) à travers le lancement du Régime d’Assistance Médicale (RAM), un mécanisme spécifiquement conçu pour les citoyens les plus vulnérables du pays.
Selon un communiqué de l’Institut National d’Assurance Maladie (INAM), l’État prend désormais en charge la couverture santé des populations ne disposant pas de capacité contributive. Ces bénéficiaires sont identifiés sur la base de critères de vulnérabilité clairement définis, dans le souci d’une justice sociale effective.
Une phase pilote à Timbou, dans la région des Savanes
La mise en œuvre expérimentale du RAM débutera dans le canton de Timbou, localité située à 21 kilomètres au nord de la ville de Dapaong, dans la région des Savanes. Ce choix n’est pas anodin. Il s’agit d’une zone où la pauvreté et la précarité des conditions de vie rendent difficile l’accès aux soins de santé.
Cette phase pilote intervient quelques semaines seulement après l’intégration des Travailleurs Non-Salariés (TNS) à l’AMU. Elle marque ainsi une continuité logique dans la volonté du gouvernement d’élargir la couverture maladie à l’ensemble des couches sociales.
À terme, 6 158 bénéficiaires devraient être enrôlés dans cette première phase, un signal fort de l’engagement de l’État à ne laisser personne en marge du système sanitaire national.
Les fondements de l’AMU-RAM
Le dispositif AMU-RAM repose sur cinq principes structurants à savoir l’universalité, qui garantit la couverture de toutes les couches sociales à l’échelle nationale, à travers une mutualisation des risques et des coûts. Il y a ensuite la solidarité, fondée sur le partage des charges entre bien-portants et malades, jeunes et âgés, urbains et ruraux, l’égalité, qui consacre le droit d’accès aux soins pour tous, sans distinction de condition, le tiers-payant, grâce auquel les prestataires de soins sont directement rémunérés par l’assureur (INAM/CNSS), évitant ainsi aux assurés d’avancer les frais, la cotisation préalable, principe selon lequel chaque assuré contribue, selon ses moyens, au financement du système, tandis que les plus démunis sont pris en charge par l’État via le RAM.
Le respect de ces principes constitue le socle de la durabilité et de l’efficacité de la Couverture Maladie Universelle au Togo.
Un pas vers un système de santé plus juste et inclusif
La réussite de cette réforme dépendra notamment de la bonne gouvernance du dispositif, de la qualité de la gestion des fonds et de l’adhésion des populations. Le Ministère de la Fonction Publique, du Travail et du Dialogue Social a d’ailleurs récemment signé, avec la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), l’INAM et plusieurs compagnies d’assurances privées, une convention-cadre visant à harmoniser les actions et à renforcer la pérennité du système.
Cette initiative confirme le rôle du RAM comme maillon essentiel de l’Assurance Maladie Universelle qui est un outil de cohésion sociale garantissant que les plus défavorisés ne soient pas exclus des soins de santé.
Un engagement fort pour la justice sanitaire
En lançant cette phase pilote dans la région des Savanes, l’État togolais réaffirme sa vision d’un système de santé solidaire, équitable et inclusif, conformément à l’axe 2 de la Feuille de route gouvernementale Togo 2025 consacré au développement du capital humain.
Si des défis subsistent — notamment en matière de financement, de sensibilisation communautaire et de renforcement des capacités des structures sanitaires —, le lancement du RAM représente une avancée décisive vers la couverture santé universelle.
BLEWOUSSI R.









