Lomé, le 25 septembre 2025-(©AfreePress)- Un atelier de restitution du rapport diagnostic sur la gestion des boues de vidange dans le Grand Lomé, s’est tenu les 22 et 23 septembre 2025 à l’hôtel Saint Paulos, à Adidogomé à Lomé. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PASH-MUT), financé à hauteur de 75 millions de dollars US par la Banque mondiale, et vise à jeter les bases d’une filière d’assainissement plus structurée et durable.
Un projet structurant pour le Grand Lomé
Le PASH-MUT ambitionne d’améliorer l’accès et la qualité des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement, tout en renforçant la performance de la Société Togolaise des Eaux (TdE) et de la SP-EAU. Dans ce cadre, un diagnostic complet a été mené pour analyser l’organisation de la filière de l’assainissement autonome à Lomé, ses cadres juridiques et institutionnels, ainsi que les défis techniques et financiers liés au traitement des boues de vidange.
L’atelier a réuni des représentants des communes du Grand Lomé, des techniciens du secteur de l’assainissement, des universitaires, des associations de la société civile, des consultants, ainsi que des partenaires techniques et financiers pour faire l’étude du rapport présenté afin de l’améliorer.

Un engagement gouvernemental affirmé
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire général du ministère de l’Eau et de l’Assainissement, Yawo Ewoenam ZEGUE a rappelé que cette réforme s’inscrit dans l’axe 1 de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, qui vise à garantir un accès équitable et durable aux services sociaux de base.
« Le gouvernement, sous la haute impulsion du Président de la République, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, a engagé une réforme profonde dans le secteur de l’eau et de l’assainissement », a-t-il déclaré.
Selon lui, malgré les progrès réalisés, « l’assainissement à Lomé reste marqué par des faiblesses. Responsabilités mal définies, textes parfois insuffisants ou dépassés et organisation institutionnelle perfectible ». Il a insisté sur la nécessité de bâtir une filière inclusive et durable. « Cette étude n’est pas seulement une analyse technique. Elle doit nous permettre d’identifier les obstacles et de poser les bases d’un service qui protège la santé publique, préserve l’environnement et redonne dignité à nos concitoyens », a-t-il déclaré.
Diagnostic et recommandations

Le rapport, présenté par le consultant Tchonda Tétoua Haki et Anicet KABRE, dresse un état des lieux en trois volets.
Sur le plan institutionnel et réglementaire, le diagnostic révèle une multiplicité d’acteurs dont les missions se chevauchent, créant un manque de clarté. Le rapport recommande de définir précisément les rôles et responsabilités, à l’instar des modèles existants au Burkina Faso et au Sénégal.
Sur le plan technique, il met en lumière les insuffisances dans la construction des fosses septiques et des puisards. De nombreux artisans, notamment des maçons, ne respectent plus les normes établies. Le rapport propose d’instaurer, par l’intermédiaire des municipalités, des sessions de formation et de remise à niveau obligatoires pour ces professionnels.
Sur le plan économique et financier, le rapport explore les pistes de financement pour rendre le service de vidange plus accessible et de qualité. L’arrivée prochaine des premières stations de traitement des boues de vidange à Lomé pourrait, selon les experts, transformer profondément le modèle économique du secteur.
La parole aux techniciens
Pour Ehli Kossi, expert et responsable assainissement sur le projet PASH-MUT, la réussite de cette réforme repose d’abord sur les choix techniques. « L’avenir de l’assainissement au Togo doit être dessiné par les techniciens. C’est à nous de proposer les meilleurs modèles, adaptés à notre contexte », a-t-il souligné.

De son côté, le consultant Tchonda Tétoua Haki a rappelé que l’objectif est de trouver un équilibre entre accessibilité des services pour les populations les plus modestes et viabilité économique de la filière. « Notre préoccupation est de faire en sorte que l’arrivée des stations de traitement de boues de vidange puisse promouvoir un service durable, inclusif et financièrement soutenable », a-t-il confié à AfreePress.
Une mobilisation collective
Au terme des deux jours de travaux, les participants ont travaillé à enrichir les recommandations du rapport et à co-construire une feuille de route claire. Celle-ci devra définir les prochaines étapes de la structuration de la filière dans le Grand Lomé, avec l’ambition d’améliorer la santé publique, protéger l’environnement et garantir un meilleur cadre de vie aux habitants.
Olivier A.









