Lomé, le 14 janvier 2025 – (©AfreePress)- Dans le district autonome du Grand-Lomé, le Centre d’accès au droit et à la justice pour enfants (CADJE) se bat pour redonner un avenir aux mineurs en conflit avec la loi. Malgré une recrudescence inquiétante des violences juvéniles, ce centre, soutenu par l’UNICEF, joue un rôle clé dans leur réhabilitation et leur réinsertion. Une visite de terrain a permis de découvrir les défis et les efforts d’un modèle exemplaire de justice spécialisée pour enfants.
Selon les informations recueillies, cette maison de détention pour mineurs en conflit avec la loi compte en ce début d’année 2025, trente-sept (37) jeunes gardés derrière les barreaux. Parmi ces mineurs, plusieurs sont accusés de vol, suivis par ceux des viols, un phénomène qui choque et inquiète.
« Presque chaque jour, nous recevons des plaintes. Ces derniers temps, les cas de viol sont récurrents. Il s’agit souvent d’adolescents de 17 ans qui violent des fillettes de 7 ans, ou encore des garçons de 14 ans qui s’en prennent à des enfants de 4 ans. Les cas impliquant des mineurs de 17 ans et des victimes âgées de 16 ou 15 ans sont plus rares. Mais le phénomène prend de l’ampleur et cela nous préoccupe profondément », a déploré Mme Abra Bosso, responsable du service social au CADJE.

Pour Mme Bosso, l’usage abusif et incontrôlé des nouvelles technologies, notamment des smartphones et des tablettes, par des enfants, pourrait être un facteur aggravant.
« Les smartphones sont aujourd’hui des outils incontournables pour le travail et la recherche, mais leur utilisation doit être encadrée. L’accès incontrôlé à des sites pour adultes ou à des contenus pornographiques pousse certains enfants à reproduire des comportements inappropriés. Chaque parent doit revoir son rôle et poser des limites claires », a-t-elle recommandé.
Le CADJE mis en place par le gouvernement avec l’appui de l’UNICEF, offre un cadre de réhabilitation et de réinsertion pour ces jeunes en conflit avec la loi. Les mineurs y bénéficient d’une éducation, de formations professionnelles, et d’un accompagnement psychologique.
Malgré les difficultés, le centre peut compter sur une équipe pluridisciplinaire composée de juges, sociologues, policiers, agents pénitentiaires et professionnels de santé. Ces efforts sont renforcés par l’appui d’organisations de la société civile, de partenaires techniques et financiers, et surtout de l’UNICEF, qui reste un acteur clé.
Chaque année, l’UNICEF fournit au centre un appui financier, organise des formations en renforcement des capacités du personnel, et contribue à l’acquisition de matériel logistique et informatique.
« L’UNICEF joue un rôle crucial dans le fonctionnement de notre centre. Outre son soutien financier, elle nous accompagne sur plusieurs volets essentiels », a ajouté la responsable du service social.
Selon la législation en vigueur, la détention des mineurs en conflit avec la loi ne doit pas excéder trois mois pour les délits mineurs, et un an pour les crimes. L’UNICEF veille au respect de ces dispositions tout en mettant l’accent sur la réinsertion de ces enfants.
Il faut rappeler que depuis son ouverture en 2020, le CADJE (anciennement appelé, brigade pour mineurs) s’est positionné comme un modèle international en matière de prise en charge des mineurs en conflit avec la loi.
Situé à Lomé, non loin du marché de Cacavéli, il offre une gamme de services allant de l’assistance juridique à la formation professionnelle, en passant par l’éducation à la santé, le sport, et les loisirs.
Le centre travaille également au renforcement de la justice spécialisée et protectrice pour les enfants.
Amen ANIKA
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