Lomé, le 09 janvier 2026 – (©AfreePress) – La dynamique d’amélioration de la qualité de l’accueil au Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio (CHU-SO) se poursuit, avec une phase de sensibilisation centrée sur deux défis majeurs. Celui du renforcement de la communication interne à travers l’affichage de messages informatifs, et celui du renforcement du personnel soignant.
Une visite effectuée ces derniers jours au CHU Sylvanus Olympio a permis de constater des efforts visibles en matière de communication autour de l’accueil des usagers. Des affiches, disposées aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’établissement, longent les murs et délivrent des messages à la fois indicatifs et éducatifs. Certaines interpellent directement patients et accompagnants. « Patients et accompagnants, votre attitude aide à améliorer votre prise en charge. L’accueil est l’affaire de tous », peut-on lire ici et là. D’autres adoptent un ton plus humain et empathique. « À l’hôpital, chaque sourire soigne. Améliorons ensemble l’accueil pour tous » ou encore « Accueillir, c’est se respecter mutuellement, c’est écouter, expliquer, rassurer et aider ».

L’affichage, un levier essentiel d’orientation et de sensibilisation
Cette campagne met en lumière le rôle central de l’affichage dans les structures sanitaires. Des panneaux d’orientation clairs et accessibles facilitent les déplacements des patients et de leurs accompagnants, tout en contribuant à réduire le stress et la confusion fréquemment observés dans les établissements hospitaliers de grande affluence.
Patients et accompagnants insistent toutefois sur la nécessité de renforcer la communication, notamment sur les procédures administratives, les services disponibles, les horaires de consultation, ainsi que sur les comportements attendus tant du personnel soignant que des usagers. L’introduction de supports multilingues et illustrés est également recommandée afin d’améliorer l’accessibilité des lieux.
Usager du CHU-SO, AFAN Roger salue les avancées enregistrées tout en appelant à aller plus loin dans le travail. « Je suis heureux de voir des affiches qui appellent les usagers et le personnel soignant à des comportements plus responsables et à rendre nos hôpitaux plus humains », confie-t-il à AfreePress.
En s’attaquant simultanément aux enjeux de communication interne et aux contraintes liées aux ressources humaines, l’établissement ambitionne d’instaurer un cadre hospitalier plus accueillant, mieux organisé et résolument centré sur le bien-être du patient.

Le déficit en personnel soignant, un obstacle majeur à un accueil de qualité
Les responsables et acteurs du système sanitaire reconnaissent unanimement que l’insuffisance du personnel constitue l’un des freins majeurs à une prise en charge efficiente. La surcharge de travail qui pèse sur les agents de santé engendre retards, fatigue professionnelle et, in fine, une dégradation de la qualité de l’accueil.
Garde-malade aux urgences chirurgicales du CHU-SO, Tchérénayé Sahoga Loukoumanou souligne l’opportunité des formations sur l’accueil, tout en déplorant la pénurie persistante de personnel soignant.
« La formation sur l’accueil vient à point nommé parce que les nouveaux agents de santé ont aussi eu l’information et sont outillés pour mieux accueillir les patients », confie-t-il avant d’ajouter qu’il n’y a que « deux infirmiers et deux gardes-malades pour tout le service d’urgence chirurgicale, avec une vingtaine de malades par exemple. C’est énorme. Espérer qu’ils soient encore de bonne humeur en fin de journée, c’est difficile », avance-t-il.
Même constat fait par Mme SOSSOU Espoir, Infirmière Diplômée d’État (IDE) au CHU-SO, qui plaide pour un renforcement substantiel des effectifs.
« La question fondamentale aujourd’hui, c’est de recruter plus de médecins et plus de gardes-malades. Un docteur ne peut pas soigner deux personnes à la fois ; face à trois, quatre ou cinq patients simultanément, il ne peut que faire ce qu’il peut, d’où la nécessité de recruter davantage de personnel soignant », afin d’éviter, selon elle, certaines pertes en vies humaines.

Pour AMEDOME Marie, également IDE au CHU-SO, la qualité de l’accueil repose sur une approche globale. « J’étais tout à l’heure au four et au moulin par rapport au flux des patients comparé au nombre restreint de médecins. Vous voyez, ça aussi, c’est l’accueil », explique-t-elle.
Face à ces multiples contraintes, la nécessité d’adopter des stratégies organisationnelles s’impose. Il s’agit notamment d’optimiser la répartition des tâches, de renforcer la collaboration interservices et d’améliorer la gestion du flux des patients. Parallèlement, un plaidoyer en faveur du recrutement massif de personnel soignant est évoqué comme solution durable pour garantir un accueil plus humain, professionnel et efficace dans les hôpitaux publics.
BLEWOUSSI René










