Lomé, le 17 mai 2026 -(©AfreePress)- Dans la commune Golfe 1, la lutte contre l’insalubrité prend des allures de défi collectif. Vendredi 15 mai, la municipalité a réuni, autour d’un « Café du Maire » au ton résolument participatif, un large éventail d’acteurs – autorités administratives, leaders communautaires, partenaires techniques et représentants de la société civile – pour repenser la gestion des déchets sous le prisme de la responsabilité citoyenne.

Placée sous le thème évocateur : « Nos déchets, notre responsabilité », la rencontre s’inscrit dans une volonté affirmée de rompre avec les approches classiques, en mettant au cœur de la solution le changement de comportement des populations.

En ouverture, Rachel Ywassa a rappelé l’esprit du cadre de dialogue instauré depuis plusieurs années qui est selon elle, rapprocher l’administration communale des citoyens et co-construire des réponses adaptées aux défis urbains. Pour elle, la question des déchets ne relève plus seulement de l’aménagement, mais constitue un véritable enjeu de santé publique et de développement local.
Saluant la présence de partenaires institutionnels tels que CASAF, le District autonome du Grand Lomé et la Banque Ouest Africaine de Développement, elle a insisté sur un point clé. Sans l’adhésion des citoyens, les investissements restent vains, a-t-elle souligné. « Les infrastructures ne suffisent pas si les comportements ne suivent pas », a-t-elle martelé, appelant à une mobilisation accrue des relais communautaires.

Même tonalité du côté du préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, qui a officiellement lancé les travaux. Il a dressé un constat sans détour. Urbanisation galopante, pression démographique et pratiques inciviques favorisent la multiplication des dépotoirs sauvages et l’obstruction des réseaux d’évacuation, avec des répercussions directes sur la santé des populations. Pour lui, « la salubrité ne se décrète pas, elle se construit collectivement ».
Prenant la parole, le maire de Golfe 1, Koamy Gbloekpo Gomado, a replacé l’initiative dans la continuité du « Café du Maire », lancé en 2020 comme outil de gouvernance de proximité. Cette première édition de 2026, centrée sur les déchets solides, vise à fédérer toutes les énergies autour d’un dispositif repensé de collecte et de traitement.

Lucide sur les écueils des expériences passées, il affiche néanmoins une détermination sans équivoque. « Les erreurs d’hier doivent servir de fondation aux réussites de demain. Nous n’avons plus droit à l’échec », a-t-il affirmé.
Dans l’assistance, les voix citoyennes ont également porté. Max Kougnima, président du CDQ d’Akodesséwa, a salué une initiative « nécessaire et urgente », exhortant les populations à adhérer aux mécanismes de pré-collecte et à s’acquitter régulièrement des frais d’abonnement, condition sine-qua-non de la viabilité du système.
Au-delà des discours, Golfe 1 semble vouloir impulser un changement de paradigme : faire de la propreté urbaine non plus une affaire d’autorités seules, mais un engagement partagé, durable et assumé par tous.
Albertine A.









