©AfreePress-(Lomé, le 1er novembre 2023)- Compassion International Togo intensifie ses actions pour la protection des droits de l’enfant au Togo. Cette ONG, qui prend en charge plus de 78 000 enfants au Togo, vient de mettre en place un projet dénommé : « Promotion de la discipline positive et de la parentalité responsable ». Projet destiné à contribuer à l’éradication des pratiques néfastes au développement et à la vie des enfants dans les communautés togolaises.
La phase pilote de cette intervention a été lancée, mardi 31 octobre 2023 à Notsè, dans la préfecture de Haho (95 km au nord de Lomé) au profit du Cluster Haho Sud, qui regroupe 14 Centres de développement des enfants et jeunes (CDEJ).
Selon les premiers responsables de Compassion International Togo, la mise en place de ce projet fait suite à une enquête menée en octobre 2020 dans les communautés du sud de Haho.
« Cette enquête révèle que la majorité des parents pratiquent une discipline négative pour corriger leurs enfants. Par discipline négative, nous entendons, entre autres, les châtiments physiques et corporels, les brimades, les violences verbales et les propos injurieux et/ou dégradants, la violence émotionnelle, la négligence, la privation de nourriture… », a indiqué Dr. Jacques Toko, Manager de projets à Compassion International Togo et représentant du Directeur national de l’ONG.
Les pratiques de discipline négative, justifiées par des arguments et des mythes utilisés par les parents, présentent des conséquences néfastes sur la vie de l’enfant et du jeune, selon l’ONG. Outre les conséquences d’ordre émotionnel, physique, cognitif et spirituel, les enfants soumis à ces formes de discipline négative peuvent eux-mêmes basculer dans la violence à l’âge adulte et ainsi perpétuer le cycle infernal des violences familiales.
« Cette intervention que nous lançons aujourd’hui n’a pas pour vocation d’interdire aux parents de jouer leur rôle d’éducateur en disciplinant leurs enfants. La discipline éloigne de l’enfant la folie, pour paraphraser la Bible. Mais il y a des formes positives de discipline qui ont un caractère éducatif sans toutefois être dégradant pour l’enfant qui y est soumis », a rappelé le représentant du Directeur national de Compassion International Togo, à la cérémonie.
Cette intervention se veut non seulement une approche de solutions constructives pour le bien-être de l’enfant, mais aussi un moyen pour permettre aux parents et aux acteurs de l’éducation de nouer des liens avec l’enfant, de coopérer avec lui et de comprendre ses sentiments avant de passer à un processus de correction.
La phase pilote lancée, permettra à 2 995 parents du sud de la préfecture de Haho d’acquérir une discipline positive et un rôle parental responsable pour le développement sain des enfants et des jeunes, grâce à des séances de sensibilisation basées sur des vidéos disponibles en français et dans plusieurs langues locales.
Engagée dans la promotion et la protection des droits des enfants, Compassion International est convaincue qu’un enfant traité avec respect et dignité deviendra un adulte responsable de demain.
Cette initiative de Compassion International est accueillie et saluée par les autorités et acteurs engagés pour la protection dans la préfecture.
« Nous félicitons Compassion International Togo pour ses actions en faveur du développement holistique des enfants. Cela se remarque par sa volonté et sa détermination à lutter contre les violences faites aux enfants sous toutes ses formes », a salué KAKADJI Dopo, Directeur préfectoral de l’Action sociale.
En lançant officiellement ce projet, le Secrétaire général de la préfecture de Haho, ASSILA Komlan Koumedjina, s’est félicité du choix porté sur sa préfecture et a rassuré sur la volonté du représentant du pouvoir central de soutenir les actions entreprises. Il a également invité les chefs traditionnels et tous les acteurs impliqués à se mobiliser pour le succès de cette intervention.
Il faut noter que le code de l’enfant de 2007, en son article 376, stipule que le châtiment corporel et d’autres formes de violence ou d’abus sont interdits dans les écoles, les centres de formation professionnelle et les institutions. Ce code est assorti de sanctions pour les violences envers les enfants, y compris celles exercées par les parents au sein des familles et des communautés.
Raphaël A.









