Lomé, le 27 mars 2026-(©AfreePress)- La question de la corruption et de la fraude s’impose une nouvelle fois au cœur du débat au Togo. « Je dis politique », une initiative du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) s’est tenue le jeudi 26 mars 2026 autour du thème : « Quelles solutions pour la corruption et la fraude au Togo ? » avec pour objectif d’analyser les causes profondes de ces fléaux et de proposer des réponses concrètes pour y faire face.
D’entrée, Kpeti Komla Natey, commissaire au suivi de l’action gouvernementale au sein du CAR, a posé le cadre conceptuel en distinguant la corruption, définie comme l’abus de pouvoir à des fins personnelles, et la fraude, qui repose sur la tromperie et la dissimulation pour obtenir un avantage indu. Bien que distinctes, ces pratiques sont souvent liées et constituent une violation grave des obligations des agents publics, malgré l’existence d’un arsenal juridique renforcé depuis le code pénal de 2015.
Selon les analyses présentées, la corruption au Togo trouve ses racines dans plusieurs facteurs structurels. La mauvaise gouvernance apparaît comme un élément central, marquée notamment par le non-respect de la séparation des pouvoirs, le manque d’indépendance de la justice et les restrictions à la liberté de la presse. À cela s’ajoutent la faiblesse des institutions de contrôle et une organisation administrative jugée lourde et inefficace, favorisant les pratiques illicites, a avancé Kpeti Komla Natey.
Les facteurs économiques ne sont pas en reste. Il a pointé du doigt, les bas salaires dans la fonction publique, combinés à la pauvreté et à la baisse du pouvoir d’achat. Tout ceci, a-t-il dit, contribue à banaliser certaines pratiques corruptives. Le CAR évoque également une dimension sociétale, où la fraude tend à se normaliser dans les comportements quotidiens, dépassant le seul cadre de l’administration publique.
Les conséquences de ces dérives sont jugées particulièrement préoccupantes. Sur le plan économique, la corruption freine les investissements et entraîne des pertes importantes de ressources publiques. Socialement, elle accentue les inégalités et limite l’accès aux services essentiels comme la santé et l’éducation. Sur le plan politique, elle affaiblit la confiance des citoyens envers les institutions et compromet la crédibilité du processus démocratique.
Dans une déclaration lue par Mawuéna Zomblewou, une cadre du parti, a exprimé son indignation face à des scandales récents impliquant des détournements présumés de fonds publics dans certaines collectivités locales, notamment dans les zones de Yoto et de l’Ogou. Des révélations médiatiques font également état de pratiques douteuses au sein de certaines régies financières, suscitant de vives inquiétudes.
Face à cette situation, le CAR appelle à des actions fortes. Il demande notamment l’ouverture d’enquêtes judiciaires, la réalisation d’audits dans les communes et une plus grande transparence dans la gestion des ressources publiques. Le parti insiste sur la nécessité de sanctionner tous les auteurs d’actes de corruption, quel que soit leur rang.

Parmi les solutions proposées figurent l’adoption d’une loi-cadre anti-corruption, la protection des lanceurs d’alerte, le renforcement des institutions comme la HATILC et la mise en œuvre effective des lois existantes. Le CAR plaide également pour une cogestion des organes de contrôle, associant pouvoir et opposition, afin de garantir une meilleure surveillance de l’action publique.
Pour Yao Daté, président national du CAR, la lutte contre la corruption passe aussi par un changement de mentalité. Il appelle à un sursaut patriotique et à une prise de conscience collective, estimant que le développement du Togo dépend avant tout de l’intégrité de ses citoyens et de ses dirigeants.
En relançant ce débat, le CAR entend placer la lutte contre la corruption au centre des priorités nationales, comme condition essentielle à tout progrès économique et social durable.
Albertine A.









