Lomé, le 1er septembre 2026-(©AfreePress)- Le football a joué, dimanche 30 août 2026 à Pogno, dans la commune de Kpendjal 1, bien plus qu’une simple partition sportive. Dans ce canton situé à plus de 600 kilomètres au nord de Lomé, la première édition du tournoi consacré à la cohésion sociale, au vivre-ensemble et à la résilience des populations s’est achevée sur une note de fraternité, avec le sacre des Lions Noirs.
La finale, disputée dans la cuvette du stade du COSO, a tenu toutes ses promesses. Au terme d’une rencontre engagée, mais empreinte de fair-play, les Lions Noirs ont pris le dessus sur les Black Stars, au terme d’un spectaculaire 3-2. L’équipe victorieuse est repartie avec le trophée et une enveloppe financière, tandis que les finalistes malheureux ont également reçu une récompense financière.
Au-delà du résultat, l’enjeu était ailleurs. Il s’agissait de réunir les filles et fils de Pogno autour d’une même passion et faire du sport un espace de dialogue, de rapprochement et de solidarité. Un choix particulièrement significatif dans une région des Savanes confrontée à des défis sécuritaires et socio-économiques persistants.

Le sport, langage commun de la communauté
Parrain de la finale, le premier adjoint au maire, PAMPANDJA Digbandja, a insisté sur la portée sociale de l’initiative. Pour lui, le football constitue un puissant levier de rassemblement, de fraternité et de dialogue, particulièrement dans un contexte où la cohésion des communautés demeure un enjeu majeur.
Il a rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité (FDS), saluant leur courage et leur abnégation, avant d’appeler les populations à resserrer les rangs. « En ces temps d’épreuves, nous avons plus que jamais besoin de nous retrouver, de faire corps et de faire bloc », a-t-il souligné, estimant que la solidarité, la fraternité et l’unité constituent des forces essentielles face à l’adversité.
Même satisfaction chez le président du comité d’organisation, LARE Gnoite. La mobilisation enregistrée tout au long de la compétition, puis à l’occasion de la finale, témoigne selon lui de l’adhésion des populations au message porté par le tournoi. « Le message était d’appeler la jeunesse à la cohésion sociale et surtout à soutenir les FDS dans le combat contre le terrorisme », a-t-il expliqué.
Le COSO, un cadre plus large de résilience
L’initiative s’inscrit dans la dynamique du Comité cantonal de développement (CCD), avec l’accompagnement des conseils municipaux et du chef canton de Pogno. Elle bénéficie également de l’appui de l’ANADEB à travers le projet COSO.
Le projet COSO
Au Togo, le projet COSO, soutenu par la Banque mondiale, vise notamment à renforcer la résilience socio-économique et climatique des communautés frontalières. Son intervention couvre prioritairement les cantons du Nord, avec une forte concentration dans la région des Savanes.

Les investissements du projet concernent plusieurs secteurs, notamment l’éducation, l’eau, l’énergie, l’assainissement, les infrastructures communautaires, le sport et les loisirs.
À Pogno, le tournoi donne ainsi une traduction concrète à cette approche qui est d’utiliser le sport pour créer du lien, renforcer la confiance entre les communautés et mobiliser la jeunesse autour des valeurs de paix et de solidarité.
Fort du succès de cette première édition, le comité d’organisation n’exclut pas une nouvelle édition. La ferveur populaire enregistrée dimanche pourrait bien avoir ouvert la voie à un rendez-vous désormais appelé à s’inscrire dans la durée.
Diblo TAKINI – Correspondant AfreePress, région des Savanes










