Au Togo, les producteurs de coton éprouvent toujours une souffrance malgré leur détermination à faire de cette culture une véritable richesse pour l’économie nationale.
Nonobstant les meilleures performances enregistrées au cours de cette campagne 2025-2026 : 1.050 kilogrammes par hectare et une production de 77 000 tonnes de coton graine contre 60 000 tonnes la campagne précédente, les pauvres cotonculteurs restent dans l’amertume et le désarroi. Le groupe singapourien Olam, actionnaire majoritaire de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) refuse de procéder au paiement intégral du coton dans les différentes régions du pays.
C’est la déception, la frustration et même la colère au sein des familles de producteurs de coton. Le groupe OLAM refuse de payer le coton à 300F CFA le kilogramme comme décidé par le gouvernement et réclame une somme de plus de 4 milliard de FCFA auprès des autorités avant de reprendre la paye du coton estompée depuis des semaines.
Cette somme que réclame Olam serait le différentiel sur le prix d’achat de coton graine suivant le mécanisme de fixation de prix. Le hic à ce niveau, le processus de vente n’est pas encore arriver à son terme pour que les calculs soient bien ficelés afin de voir clairement les bénéfices engrangés, mais l’actionnaire majoritaire de la NSCT met une sorte de pression sur le gouvernement en exigeant le versement de ce montant. Bien que la NSCT dispose de ressources, et malgré les injonctions du Conseil d’Administration pour que les producteurs puissent rentrer dans leurs droits, le Directeur Général Martin Drévon refuse d’obtempérer.
Pour pouvoir payer les producteurs en attendant la fin de la vente de la fibre, la NSCT a déjà obtenu un prêt de 10 milliards de FCFA auprès d’une institution financière ; en plus, la vente de la graine a déjà rapporté 2 milliards 800 millions FCFA. « Finalement, nous ne savons pas comment sortir de toutes ces difficultés avec Olam ; toujours c’est des problèmes. On nous demande de donner le meilleur de nous-mêmes pour une grande production ; nous faisons tout pour atteindre les résultats et donner aussi une fierté à notre pays.
Mais à la fin, on nous abandonne. Olam ne veut pas payer notre coton, on va le vendre où et à qui ? c’est au marché de Djarkpaga ou bien c’est une façon de nous dire qu’on peut chercher des acheteurs vers le Bénin ou le Ghana ? » s’exclame Kalambani Badawassou, producteur de coton à Nangbani dans la préfecture de Bassar.
Actuellement, c’est la grogne totale au sein des producteurs de coton qui sont désespérés et dépassés par la gestion catastrophique du groupe Olam depuis 2020.
Ces acteurs importants du monde agricole et indispensables dans la croissance de l’économie nationale, commencent par réclamer purement et simplement le départ du Directeur Général de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo, Martin Drévon, qui disent-ils n’a aucune notion de management de la gestion de la filière cotonnière. Certaines voix au sein de cette masse gigantesque du coton togolais pointent du doigt le ministre actuel de l’Agriculture,
Antoine Lékpa Gbégbéni qui selon eux, n’a aucune volonté de trouver un dénouement heureux à cette situation préoccupante qui affectent sérieusement les producteurs de coton.
Les producteurs exigent respect- considération et appellent le Faure GNASSINGBE à la rescousse Très remontés, les cotonculteurs demandent au département de l’agriculture de prendre en considérations les préoccupations majeures des agriculteurs et agricultrices grâce à qui ledit département mérite sa valeur. Ils interpellent vivement le Président du Conseil à exiger de l’ordre dans le fonctionnement du monde agricole, car disent-ils, le Président Faure se préoccupe tellement du monde rural et du bien-être des agriculteurs, la preuve, il fait régulièrement des descentes sur le terrain auprès des coopératives agricoles et groupements ruraux, initie des rencontres d’encouragement et de motivation, mais ceux qui sont censés mettre en exécution les directives du Président du Conseil sont très loin des réalités du terrain.
« Quel est ce ministre qui est plutôt attentionné aux intérêts des expatriés au lieu de soutenir ses propres compatriotes. Combien de fois vous avez d’ailleurs aperçu notre cher ministre dans les champs aux côtés des producteurs ?
C’est finalement une combine pour nous terminer dans nos exploitations » …vocifère Barnabo Lardja, producteur à Nano dans les Savanes. « Nous sommes fatigués de OLAM. Nous ne profitons pas de nos ressources ! Dès que nous nous mobilisons pour manifester notre mécontentement, le Ministre intervient pour nous calmer mais les problèmes sont toujours là. Il faut que l’Etat fasse quelque chose…On ne pas toujours nous malmener et nous jouer comme ça malgré nos efforts.
Je me demande si notre ministre, je dis bien le ministre de l’agriculture joue son rôle ? Est-ce qu’il se préoccupe du bien-être de nous, les agriculteurs ? En tout cas, il faudrait que le Président du Conseil, notre papa Faure Essozimna GNASSINGBE mette de l’ordre dans ce ministère pour que les paysans retrouvent la paix du cœur », déclare pour un gros producteur à Mango. A cette allure, les acteurs de la filière se posent beaucoup de questions quant à l’avenir du coton togolais si le groupe Olam reste dans cette posture en méprisant les braves producteurs qui s’activent malgré les contraintes de tous ordres pour de meilleurs rendements.
Il y’a quelques semaines de cela, Martin Drévon face à la presse n’a pas caché son euphorie par rapport aux efforts des producteurs en annonçant le rendement qui a atteint aujourd’hui 1 050 Kg/ha sous sa gouverne. « Ce résultat est le fruit d’un travail collectif : celui de nos producteurs, de nos agents de terrain et de nos équipes techniques.
Il prouve que quand les conditions sont réunies — intrants disponibles, encadrement de qualité, producteurs mobilisés — le coton togolais peut rivaliser avec les meilleures filières du continent. », affirmait-t-il. Il est temps aujourd’hui de payer les producteurs qui ont œuvré pour atteindre ces résultats que la Nouvelle Société Cotonnière du Togo brandit partout comme un trophée sous la tutelle du groupe OLAM.F
Fousséni Matchatchi









