Lomé, le 27 septembre 2025 –(©AfreePress)– Lancée récemment pour élargir la couverture santé à toutes les catégories socioprofessionnelles, l’Assurance Maladie Universelle (AMU) peine encore à toucher une partie des travailleurs non-salariés (TNS). Artisans, commerçants, conducteurs de taxi ou petits exploitants agricoles, beaucoup ignorent encore les modalités ou même l’existence de cette mesure phare du gouvernement.
Un micro-trottoir réalisé par l’agence de presse AfreePress au cœur des marchés et ateliers de la capitale, atteste la véracité de cette situation d’ignorance. Il y règne la méconnaissance, la confusion sur le sigle et ses objectifs. Et pour ceux qui en ont une idée, il y a une forme de résignation.
Si certains saluent une initiative salutaire, d’autres dénoncent un manque d’information, voire un coût jugé trop élevé. « Je ne savais pas que nous étions concernés », avance Kossi Apétognon, un peu perdu.
Sur le marché de Kpala, Mana Hiamé, veuve et vendeuse de bouillie, avoue ne pas avoir été informée de l’extension de l’AMU aux travailleurs du secteur informel. « J’entends parler de l’assurance maladie, mais je ne savais pas que nous aussi étions concernés. Ce que je gagne dans mon commerce sert à nourrir mes enfants. J’aimerais y souscrire, mais je n’ai pas les moyens », confie-t-elle avec regret.
Entre volonté et hésitation
À Agoè-Assiyéyé, Moustapha Moukaïla, menuisier aluminium, partage ses craintes avec nous. « Je savais qu’il existait une assurance maladie, mais je ne m’y étais jamais intéressé. Aujourd’hui, j’y pense sérieusement, mais je vais attendre encore un peu avant de me lancer », dit-il tout en avouant ne pas réélement connaître les modes de souscriprion à cette assurance.
Pour d’autres, la question du coût reste un obstacle. Dao Diano, tailleur et membre de la Chambre Communale des Métiers d’Agoè-Nyivé, se montre plus critique. « On me demande de payer 16 000 F CFA par mois pour toute ma famille et moi. C’est trop cher pour nous. Nos conditions de travail sont difficiles, mais j’espère que les choses changeront », avance-t-il au micro de l’agence de presse AfreePress avec espoir..
Un dispositif salué, mais à clarifier
Certains acteurs du secteur artisanal estiment que l’assurance maladie ne date pas d’hier et qu’il serait souhaitable d’en revoir les coûts et les modalités. C’est le cas de Kamboré Fatimata, couturière et membre de la Chambre Communale des Métiers d’Agoè-Nyivé qui précise : « Nous sensibilisons déjà nos collègues sur la question. L’assurance maladie existe depuis longtemps, mais beaucoup ne savent pas comment y accéder. Si les tarifs pouvaient être revus à la baisse, ce serait une bonne chose ».
Un pilier de la feuille de route gouvernementale
L’extension de l’Assurance Maladie Universelle aux travailleurs non-salariés s’inscrit dans la Feuille de route gouvernementale 2025, à travers l’axe 1 intitulé : « Renforcer l’inclusion et l’harmonie sociales et garantir la paix ».
Selon Mme Ingrid Awadé, Directrice générale de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), « l’objectif de cette couverture maladie est d’inclure toutes les couches sociales et de renforcer la solidarité nationale ».
Depuis janvier 2024, l’AMU offre la possibilité à tout citoyen, quel que soit son statut professionnel, d’accéder à des soins de santé essentiels et de qualité.
L’inscription des travailleurs non-salariés peut se faire via la plateforme officielle : www.tns.cnss.tg.
René Blewoussi
©AfreePress-Octobre 2025









