Lomé, le 07 mars 2026-(©AfreePress)-En prélude à la célébration de la 10ᵉ édition de Woman Night, la Fondation Agir Ensemble pour l’Afrique (AEA) a organisé, le 6 mars 2026 à la salle Concorde de l’Hôtel 2 Février à Lomé, une conférence-débat consacrée à l’état des droits, de la justice et des actions en faveur des jeunes filles et des femmes.
Placée sous le thème : « État des lieux en termes de droits, justice et actions à l’endroit des jeunes filles et des femmes aujourd’hui », cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes. Elle vise à analyser l’effectivité des réformes juridiques, identifier les obstacles socioculturels et institutionnels freinant l’accès des femmes à la justice, et promouvoir des politiques publiques inclusives.

Malgré les avancées législatives enregistrées ces dernières années, les femmes continuent de faire face à des barrières structurelles limitant l’exercice de leurs droits civils, politiques et économiques. À l’approche de l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD) de 2030, les participants ont souligné la nécessité de renforcer les efforts pour garantir une égalité réelle.
Le panel a réuni plusieurs expertes issues de divers domaines, notamment Mme Hafou Touré, entrepreneure ivoirienne et présidente fondatrice de HTS Partners, Mme Samira Raissouni, coach professionnelle certifiée, Mme Amina Achour, écrivaine et professeure de lettres à Rabat, Mme N’zonou Donga Odette, magistrate et juge d’instruction, ainsi que Mme Marie Pounawele Sondo, docteure en droit public et enseignante-chercheuse à l’Université de Lomé.
Pour Mme Hafou Touré, l’autonomisation économique constitue un levier majeur de l’émancipation féminine. Selon elle, une femme disposant d’une indépendance financière peut prendre des décisions importantes et refuser certaines formes de violences ou pressions sociales.
Elle a également insisté sur l’importance de l’éducation financière et de l’investissement, notamment en bourse ou dans l’immobilier. « Nous n’avons pas besoin d’être millionnaires pour investir. Même avec de petits moyens, il est possible de construire progressivement une autonomie financière », a-t-elle expliqué.
Intervenant sur le plan juridique, la docteure en droit public Marie Pounawele Sondo a rappelé les réformes introduites depuis 2022 pour renforcer la lutte contre les violences à caractère sexuel. Les nouvelles dispositions légales incriminent plus fermement des infractions telles que le viol, le harcèlement sexuel et le cyberharcèlement.
Elle a précisé que les victimes peuvent désormais bénéficier d’une aide juridictionnelle et d’un dispositif d’écoute, tandis que les examens médico-légaux nécessaires pour constituer des preuves sont pris en charge par l’État.
De son côté, l’écrivaine Amina Achour a insisté sur le rôle déterminant de l’éducation dans la transformation des mentalités et l’autonomisation des femmes. Elle a dénoncé l’image idéalisée du mariage souvent véhiculée auprès des jeunes filles, estimant que l’éducation demeure le véritable levier d’ascension sociale.

La vice-présidente de la Fondation AEA, Mme Aridja Frank, a rappelé que le développement d’une société repose sur la contribution conjointe des hommes et des femmes. Elle a souligné que l’autonomisation des femmes contribue également à la stabilité des familles et à la cohésion sociale.
Cette conférence-débat s’inscrit dans le cadre des activités marquant le 10ᵉ anniversaire de Woman Night, un événement dédié à la promotion du leadership féminin et à la valorisation des initiatives en faveur des femmes. À l’issue des échanges, la fondation entend formuler des recommandations destinées aux décideurs publics et aux partenaires au développement afin de renforcer la protection et l’autonomisation des femmes et des jeunes filles.
Albertine A.









