Lomé, le 29 avril 2026 -(©AfreePress) – La transformation digitale des services d’eau et d’assainissement en Afrique s’affirme désormais comme une priorité stratégique, au regard des défis structurels persistants que connaît le continent. Réunis le 23 avril 2026 en webinaire, les acteurs du secteur, sous l’égide de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement et du Réseau africain des journalistes pour l’au et l’assainissement, ont dressé un diagnostic sans complaisance de la situation.
Croissance démographique soutenue, urbanisation accélérée, faiblesse du recouvrement des recettes et pertes importantes en eau continuent d’entraver la performance des services, tandis que l’accès équitable demeure un enjeu majeur, otn-ils déploré.
Les échanges ont toutefois mis en lumière des perspectives prometteuses offertes par les technologies numériques, notamment le comptage intelligent, l’intelligence artificielle, le big data et l’Internet des objets. Ces innovations permettent d’améliorer l’efficacité opérationnelle, de renforcer la relation avec les usagers et d’optimiser la prise de décision fondée sur des données fiables.
Malgré ces avancées, les participants ont déploré que l’adoption de ces solutions reste encore inégale en Afrique, en raison de contraintes techniques, financières et institutionnelles.
S’appuyant sur des expériences concrètes, notamment, celles de la National Water and Sewerage Corporation (NWSC) en Ouganda et de la Togolaise des Eaux, les intervenants ont démontré que la digitalisation peut générer des gains significatifs en matière de performance technique et commerciale.
Réduction drastique de l’eau non facturée, amélioration du recouvrement et optimisation des processus internes figurent parmi les résultats enregistrés. Toutefois, les experts ont insisté sur le fait que cette transformation ne saurait se limiter à l’introduction d’outils technologiques, mais nécessite une réforme en profondeur des organisations, des compétences et des modes de gouvernance.
Au terme des travaux, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité d’une approche systémique et intégrée, combinant innovation technologique, financement adapté, gouvernance renforcée et développement du capital humain.
Les participants ont également appelé à une mobilisation accrue des États, des partenaires techniques et financiers ainsi que des médias, afin d’accompagner cette mutation. Dans un contexte où plusieurs centaines de millions d’Africains restent privés d’accès à l’eau potable, la digitalisation apparaît désormais non comme une option, mais comme un levier incontournable pour bâtir des services inclusifs, performants et résilients.
Par Olivier ADJA









