Lomé, 05 mars 2026 -(©AfreePress)-Le Sénat a adopté, mercredi 4 mars 2026 à Lomé, deux projets de loi d’importance stratégique relatifs, d’une part, à la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes et d’autre part, à l’actualisation du régime juridique et fiscal du West African Gas Pipeline (WAGP), le gazoduc de l’Afrique de l’Ouest.
Ces textes législatifs interviennent dans la continuité du processus parlementaire engagé au sein de l’Assemblée nationale du Togo, qui les avait déjà approuvés le 27 février dernier.
Le premier projet de loi concerne la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes pour une durée supplémentaire de douze mois. Cette disposition exceptionnelle vise à maintenir un cadre juridique permettant aux forces de défense et de sécurité d’agir avec efficacité face aux menaces persistantes dans cette zone frontalière.
La région septentrionale du pays demeure, en effet, exposée aux risques liés à l’expansion des groupes armés opérant dans la bande sahélienne.
Selon le ministre chargé de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Hodabalo Awaté, cette prorogation constitue un levier indispensable pour préserver la stabilité nationale.
« La prorogation de l’état d’urgence que vous autorisez aujourd’hui dans le cadre du processus législatif ne constitue pas uniquement un mécanisme de sécurité. Elle représente également une contribution directe à la stabilité de notre pays », a-t-il déclaré devant les sénateurs.
Le président du Sénat, Barry Moussa Barqué, a pour sa part insisté sur la responsabilité des institutions dans la protection des citoyens.
« La sécurité demeure le socle fondamental de la paix. Par cette décision, le Sénat réaffirme sa détermination à garantir la protection de nos concitoyens face aux menaces qui pèsent sur eux », a-t-il souligné.
Le second texte adopté porte sur la révision du régime juridique et fiscal applicable au projet du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest, infrastructure énergétique stratégique reliant le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana.
Cette réforme vise à harmoniser la législation togolaise avec celles des autres États partenaires impliqués dans ce projet énergétique régional, afin d’améliorer la cohérence réglementaire et de renforcer la sécurité juridique des investissements.
Le ministre délégué chargé de l’Énergie, Robert Koffi Eklo, a indiqué que cette actualisation permettra de moderniser le cadre opérationnel du projet tout en préservant les intérêts stratégiques du pays.
« Cette réforme renforce la sécurité juridique du projet, clarifie les dispositions fiscales applicables et consolide l’équilibre entre l’attractivité des investissements et la préservation de la souveraineté nationale », a-t-il expliqué.
À l’issue de leur adoption par le Sénat, les deux projets de loi poursuivront leur parcours institutionnel en vue de leur adoption définitive par l’Assemblée nationale, conformément à la procédure législative en vigueur.
Ces réformes traduisent la volonté des autorités togolaises de renforcer à la fois la sécurité nationale et l’attractivité économique du pays dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et énergétiques majeurs.
Albertine A.









