Lomé, le 02 novembre 2026-(©AfreePress)- Près de cinquante ans après son institution, le Certificat d’aptitude pédagogique (CAP) appartient désormais à l’histoire. Au-delà de sa suppression, la question fondamentale reste celle des raisons qui ont conduit le Togo à mettre fin à cet examen professionnel. Le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Bonudénu Akpawu, apporte des éclaircissements sur les fondements de cette réforme.
Pour comprendre cette décision, il faut remonter à l’histoire de l’enseignement au Togo. Selon Bonudénu Akpawu, l’instauration du CAP en 1978 répondait avant tout à une nécessité qui est de faire face à l’augmentation rapide du nombre d’élèves consécutive à la démocratisation de l’école. À cette époque, les structures de formation ne produisaient pas suffisamment d’enseignants pour satisfaire les besoins du système éducatif. Il avait donc été décidé de permettre aux titulaires du BEPC d’accéder à la profession enseignante après deux étapes de qualification professionnelle : le Certificat élémentaire d’aptitude pédagogique (CEAP), puis le CAP.
Mais près d’un demi-siècle plus tard, les conditions de recrutement et de formation ont considérablement changé. Le développement des structures spécialisées, notamment l’École normale supérieure d’Atakpamé, les instituts nationaux des sciences de l’éducation des universités de Lomé et de Kara ainsi que les sept écoles normales de formation des professeurs d’écoles, permet désormais de former les enseignants à partir du baccalauréat.
C’est précisément cette évolution qui explique, selon le secrétaire général, la perte de pertinence de l’ancien dispositif. La politique enseignante actuelle privilégie une formation initiale plus longue et plus approfondie. Deux années de formation pour les enseignants du préscolaire et du primaire, et trois à cinq années pour ceux du secondaire.
Autre changement majeur, les anciens certificats délivrés à l’issue des formations sont remplacés par des diplômes professionnels, notamment la Licence professionnelle d’enseignement et le Diplôme de professeur d’école. Ces qualifications constituent désormais la base de la titularisation.
Dès l’année scolaire 2026-2027, l’évaluation des enseignants concernés devra davantage porter sur leurs compétences pratiques. La maîtrise du numérique, la conduite d’expériences scientifiques, l’accompagnement des élèves en difficulté et leur collaboration avec les familles et les différents acteurs de la communauté éducative.
Pour le secrétaire général, il ne s’agit donc pas de renoncer à l’exigence de qualification, mais de faire évoluer les critères de professionnalisation du métier. Il tient également à rassurer les enseignants déjà titulaires du CAP que leurs acquis et leur parcours professionnel ne seront nullement remis en cause.
En définitive, la réforme traduit un changement de paradigme, celui de passer d’un système de qualification fondé sur des examens professionnels successifs à un modèle reposant davantage sur la formation initiale diplômante et l’évaluation des compétences réellement mobilisées dans la pratique enseignante.
Albertine A.









