Lomé, le 25 décembre 2024-(©AfreePress)- Dans un contexte économique marqué par des tensions sur le pouvoir d’achat, Emmanuel Sogadji, président de la Ligue des Consommateurs du Togo (LCT), salue les récentes baisses de prix sur certains produits de base annoncées par le gouvernement. Toutefois, il invite les autorités à aller plus loin pour répondre aux attentes des ménages togolais. Dans cette interview réalisée par Togo Matin et Lomegraph, il revient sur les impacts de ces mesures, les défis liés à leur mise en œuvre et les actions prioritaires pour mieux protéger les consommateurs.
Question : Trois mesures ont récemment été annoncées par le gouvernement : la réduction des prix des produits pétroliers, du coût des transports interurbains, et du prix de l’huile végétale. Quelle est votre analyse sur ces annonces ?
Emmanuel Sogadji : En tant qu’organisation de défense des consommateurs, nous accueillons ces réductions avec satisfaction. Particulièrement, la baisse des prix des produits pétroliers constitue un acquis important à nos yeux. Lorsque des revendications formulées aboutissent, même partiellement, elles doivent être reconnues comme des avancées, tout en poursuivant les efforts pour obtenir davantage.
Cependant, le cas de l’huile végétale est préoccupant. Nos sources indiquent que son prix à l’usine a récemment augmenté de 700 francs. Une telle hausse aura inévitablement des répercussions sur les prix de détail, ce qui est un sujet d’inquiétude pour les consommateurs. Nous exhortons les autorités compétentes à renforcer le contrôle des industriels pour prévenir les spéculations et protéger le marché local.
Question : Ces baisses de prix répondent-elles aux attentes des ménages, notamment en cette période de fin d’année ?
Emmanuel Sogadji : Ces mesures, bien qu’encourageantes, ne suffisent pas à combler les attentes des ménages. Le pouvoir d’achat des citoyens reste sous pression. Nous reconnaissons toutefois que ces initiatives apportent un soulagement partiel et doivent être accompagnées de réformes structurelles pour offrir des solutions durables.
Question : La LCT surveille-t-elle l’application effective de ces nouvelles mesures ?
Emmanuel Sogadji : Oui, nous avons des représentants à travers le pays, des régions jusqu’aux communes. Grâce à eux, nous collectons des données sur le terrain, notamment sur les prix pratiqués. Ces informations sont ensuite synthétisées et transmises aux autorités compétentes. Ce mécanisme nous permet de suivre l’évolution des tarifs et de contribuer à une meilleure régulation.
En ce qui concerne le gaz butane, nous avons demandé des ajustements. Ce produit, largement utilisé dans les ménages et les zones reculées, est devenu indispensable. Nous insistons pour que des efforts soient faits afin de rendre ce produit plus accessible.
Question : Quels défis observez-vous dans le secteur des transports publics ?
Emmanuel Sogadji : Malgré les baisses annoncées sur les tarifs de transport, leur application reste problématique. Les rackets sur les routes et les frais imposés par certains syndicats augmentent les coûts pour les transporteurs, qui les répercutent sur les usagers. Ces pratiques doivent cesser pour permettre une réelle réduction des frais de transport.
Question : À l’approche des fêtes, quelles recommandations adressez-vous aux commerçants et aux consommateurs ?
Emmanuel Sogadji : Aux commerçants, je rappelle l’importance de respecter les normes de qualité et d’éviter de vendre des produits avariés ou contrefaits. La santé des consommateurs doit primer sur la recherche du profit.
Aux consommateurs, je recommande une vigilance accrue. Ils doivent vérifier les informations essentielles sur les produits (dates de péremption, composition, emballage, etc.) avant tout achat. En cas de doute, il est impératif de signaler les anomalies aux associations de consommateurs ou via le numéro vert du ministère du Commerce (8585).
Question : Votre mot de fin ?
Emmanuel Sogadji : Nous remercions tous ceux qui, à divers niveaux, œuvrent pour le bien-être des consommateurs. Nous lançons un appel aux autorités et aux acteurs économiques pour qu’ils redoublent d’efforts afin d’alléger les charges des citoyens. Ensemble, faisons du Togo un pays où chaque consommateur peut vivre dignement.
Propos recueillis par Togo Matin et Lomegraph









