Invité d’une émission radiophonique à Lomé, le président de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) et chef de file de l’opposition, Aimé Gogué, s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité nationale. De la politique de reboisement à la récente augmentation des prix des produits pétroliers, l’universitaire a livré une analyse mêlant adhésion aux initiatives pertinentes, critique du déficit de suivi et plaidoyer pour une gouvernance plus transparente afin de préserver le pouvoir d’achat des populations.
Lomé, le 05 juin 2026-(©AfreePress)- Le président de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) et chef de file de l’opposition, Aimé Gogué, a livré une lecture nuancée de l’actualité nationale lors d’une émission radiophonique diffusée mercredi dernier sur les ondes de radio Zéphyr Fm. La Journée nationale de l’arbre et la récente hausse des prix des produits pétroliers ont notamment occupé une place centrale dans ses interventions.
S’exprimant sur la campagne nationale de reboisement, l’universitaire a salué une initiative qu’il considère comme visionnaire. Selon lui, la Journée de l’arbre instaurée en 1977 par feu président Gnassingbé Eyadéma demeure une réponse pertinente aux défis environnementaux auxquels le pays est confronté.
Toutefois, Aimé Gogué estime que les résultats obtenus au fil des décennies restent en deçà des attentes en raison d’un déficit de suivi des plantations réalisées.
« Beaucoup d’arbres ont été plantés, mais combien ont réellement survécu ? », s’est-il interrogé. Il regrette l’absence d’un mécanisme efficace de suivi et d’entretien des jeunes plants mis en terre au cours des différentes campagnes.
Le président de l’ADDI a également plaidé pour une approche plus ambitieuse de la politique de reboisement. À ses yeux, le Togo pourrait s’inspirer de certaines expériences où les activités de plantation s’étendent sur plusieurs semaines, voire sur tout un mois, afin de favoriser une plus grande implication des citoyens.
Concernant l’objectif gouvernemental de planter un milliard d’arbres à l’horizon 2030, Aimé Gogué reconnaît l’existence d’un retard significatif. Néanmoins, il estime que cette ambition demeure réalisable à condition de renforcer la sensibilisation des populations, de mobiliser davantage les collectivités territoriales et de mettre en œuvre une stratégie volontariste à l’échelle nationale.
Abordant ensuite la question de la hausse des prix des produits pétroliers entrée en vigueur le 27 mai dernier, le chef de file de l’opposition a adopté une position pragmatique. Il considère que cette décision s’inscrit dans un contexte international marqué par la volatilité persistante des marchés énergétiques.
Selon lui, plusieurs pays ont déjà procédé à des ajustements tarifaires similaires sous l’effet de la hausse des cours mondiaux des hydrocarbures, le Togo ayant longtemps maintenu des prix relativement stables avant d’opérer cette révision.
Pour autant, Aimé Gogué estime que le véritable débat ne porte pas uniquement sur l’augmentation des prix à la pompe, mais également sur la perception qu’ont les citoyens de la gestion des ressources publiques issues de cette fiscalité.
« Une part importante du prix payé par les consommateurs correspond à des taxes collectées par l’État. Lorsque les populations ne perçoivent pas clairement l’utilisation de ces ressources, les incompréhensions et les frustrations deviennent inévitables », a-t-il expliqué.
L’universitaire souligne qu’une gouvernance fondée sur la transparence, la reddition de comptes et l’efficacité de la dépense publique favoriserait une meilleure acceptation des efforts demandés aux citoyens.
À ses yeux, les populations sont généralement disposées à consentir des sacrifices lorsque celles-ci constatent concrètement les retombées des politiques publiques sur leur quotidien. Une gestion rigoureuse des finances publiques pourrait également permettre, selon lui, d’identifier des marges d’économie dans certains secteurs afin de réduire la pression exercée sur les ménages.
Alors que cette nouvelle hausse des prix des carburants suscite des inquiétudes quant à ses répercussions sur le coût des transports, les prix des produits de première nécessité et le niveau général de vie, Aimé Gogué appelle les autorités à accompagner cette mesure par des mécanismes de soutien adaptés.
Pour de nombreux observateurs, la question du pouvoir d’achat demeure aujourd’hui l’un des principaux défis économiques et sociaux du pays. Dans ce contexte, les attentes restent fortes quant aux réponses que les pouvoirs publics apporteront pour atténuer l’impact de la conjoncture internationale sur les conditions de vie des Togolais.
À retenir
-Aimé Gogué salue le principe de la Journée nationale de l’arbre instaurée en 1977 ;
-Il déplore toutefois l’absence de suivi des campagnes successives de reboisement ;
-Le président de l’ADDI estime que l’objectif d’un milliard d’arbres d’ici 2030 reste atteignable avec une politique volontariste ;
-Il juge la hausse des prix des carburants compréhensible au regard des réalités du marché international;
-Il appelle néanmoins à davantage de transparence dans la gestion des recettes publiques ;
-Le chef de file de l’opposition insiste sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat des Togolais.
René BLEWOUSSI









