Lomé, le 21 janvier 2026- (©AfreePress)-Le gouvernement togolais a officiellement confirmé, lundi 19 janvier 2026, la remise de Paul-Henri Sandaogo Damiba -ancien président de la transition burkinabè – aux autorités judiciaires du Burkina Faso, à la suite d’une requête d’extradition formelle formulée par Ouagadougou. Cette démarche, menée « dans le respect des instruments juridiques internationaux et de l’État de droit », a été validée par les juridictions togolaises compétentes, indique Lomé.
Selon le communiqué du gouvernement togolais, la demande d’extradition émanait des autorités judiciaires burkinabè qui poursuivent Paul-Henri Damiba pour « détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite, corruption, incitation à la commission de délits et crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux ».
Conformément au droit togolais, Damiba a été interpellé le 16 janvier 2026 en exécution du mandat d’arrêt international lié à cette requête, puis écroué avant d’être présenté devant la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé. Après audience publique tenue le même jour, la juridiction a donné un avis favorable à l’extradition, notamment fondé sur l’offre de réciprocité des autorités burkinabè, les instruments internationaux auxquels le Togo est partie, les garanties reçues concernant le respect de l’intégrité physique, de la dignité, d’un procès équitable et l’absence de peine de mort.
À l’issue de cette décision judiciaire, Paul-Henri Sandaogo Damiba a été remis aux autorités burkinabè le 17 janvier 2026.
La nouvelle de l’extradition n’a pas seulement été relayée par les autorités togolaises. Plusieurs médias africains indépendants ont également confirmé l’événement, corroborant les faits rapportés par Lomé. Selon des dépêches internationales, Damiba a été extradé à Ouagadougou à la suite d’une demande officielle du régime burkinabè, qui l’accuse d’avoir participé à des complots visant à déstabiliser le régime militaire en place.
Au Burkina Faso même, les principaux médias publiant en ligne ont repris l’information de l’extradition, y compris Burkina24, qui décrit les étapes de la procédure et les accusations motivant la requête burkinabè.
Cependant, un fait de précision est important à relever. La Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) — chaîne publique nationale — a récemment publié un communiqué dénonçant une fausse publication sur ses pages officielles attribuant à tort l’annonce d’une extradition par elle-même. Cette publication était un montage frauduleux sur les réseaux sociaux, selon la RTB qui appelle à la vigilance face à la désinformation en ligne.
Paul-Henri Sandaogo Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 à la tête d’un coup d’État, avant d’être lui-même renversé en septembre de la même année par le capitaine Ibrahim Traoré, aujourd’hui dirigeant de facto du Burkina Faso. Depuis sa déposition, Damiba s’était établi au Togo, où il vivait en relative discrétion jusqu’à son arrestation.
Selon certains médias internationaux, sa remise à Ouagadougou intervient alors que le régime militaire affirme avoir déjoué récemment une tentative de coup d’État attribuée à des partisans ou éléments proches de Damiba, une accusation que Togo n’a pas directement commentée, mais qui s’inscrit dans un contexte de tensions politiques au Burkina Faso.
La procédure d’extradition entre Lomé et Ouagadougou illustre à la fois la coopération judiciaire entre États africains et les mécanismes juridiques mobilisés pour répondre à des demandes d’entraide pénale internationale, tout en garantissant les droits fondamentaux de la personne extradée.
BMEWOUSSI R.









