Lomé, le 26 avril 2026-(©AfreePress)- Réunis à Lomé dans le cadre de la 23ᵉ Assemblée générale annuelle de l’ARTAO, les Régulateurs des Télécommunications d’Afrique de l’Ouest ont officiellement lancé, le 24 avril 2026, la mise en œuvre du free roaming (l’itinérance gratuite) entre le Togo et le Sénégal, ainsi qu’entre le Sénégal et le Bénin. Une initiative qui marque un tournant décisif dans la construction d’un espace numérique régional intégré.
Ce dispositif, issu d’accords bilatéraux signés entre les deux pays (Togo-Sénégal) le 12 décembre 2025 à Dakar, permet désormais aux usagers de communiquer à l’étranger sans supporter les coûts élevés habituellement liés à l’itinérance.
Concrètement, les abonnés peuvent conserver leur carte SIM et bénéficier de tarifs alignés sur ceux du pays visité. La réception des appels devient gratuite durant les 30 premiers jours, tandis que les coûts de l’internet mobile chutent drastiquement, passant de 10 000 FCFA à seulement 2 FCFA par mégaoctet.
Pour Michel Galley, Directeur général de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) Togo et président en exercice de l’ARTAO, cette avancée traduit une volonté claire de « bâtir un espace numérique sans frontières ». Pour lui, la suppression des barrières tarifaires contribuera à renforcer les échanges économiques, la mobilité des citoyens et l’intégration régionale.
De son côté, le Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes du Sénégal, Thiam Dahirou, a mis en avant « une étape historique » portée par une vision politique commune des États membres de la CEDEAO. Selon lui, au-delà de la réduction des coûts, le free roaming favorise l’inclusion numérique et stimule le commerce intra régional.
Le Secrétaire exécutif de l’ARCEP Bénin, Coovi Hervé Guedegbe, a insisté pour sa part, sur la portée sociale de cette réforme, estimant qu’elle transforme concrètement le quotidien des populations. « Les communications ne doivent plus s’arrêter aux frontières », a-t-il affirmé.

Au-delà des interventions institutionnelles, les attentes des consommateurs restent au cœur des préoccupations. Le président de la Ligue des consommateurs du Togo, Dr Emmanuel Sogadji, a salué une initiative « avantageuse » pour les usagers, notamment en raison de la réduction des coûts et de la continuité des services au-delà des frontières.
Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre effective sur le terrain. Selon lui, malgré les avancées enregistrées avec d’autres accords similaires déjà signés par le Togo, « la satisfaction n’est pas encore totale » dans certaines zones. Il appelle ainsi les opérateurs à déployer les moyens techniques nécessaires pour garantir la qualité de service et permettre aux populations de bénéficier pleinement des retombées du free roaming.
Ce projet est le fruit d’une collaboration étroite entre régulateurs, opérateurs télécoms et partenaires techniques. Il s’inscrit dans le cadre des missions de l’ARTAO visant à harmoniser les cadres réglementaires, renforcer les capacités des institutions et promouvoir un marché numérique ouest-africain performant et accessible.
Déjà engagé dans cette dynamique, le Togo a étendu des accords similaires à plusieurs pays de la sous-région, notamment le Bénin, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Gabon.
Avec ce lancement, Lomé s’affirme comme un carrefour de la coopération numérique régionale, ouvrant la voie à une Afrique de l’Ouest plus connectée, intégrée et tournée vers l’avenir.
Albertine A.









