Lomé, le 04 juillet 2026 (©AfreePress) – Dans un contexte où les litiges fonciers demeurent l’une des principales sources de tensions dans les communautés rurales, les autorités administratives, locales et traditionnelles de la préfecture de l’Oti-Sud sont invitées à jouer un rôle moteur dans la consolidation d’une gouvernance foncière plus inclusive et plus sécurisée.
Cet appel a été lancé vendredi à Gando, à plus de 600 kilomètres au nord de Lomé, lors d’un atelier de plaidoyer consacré à la mise en place effective des Comités Cantonaux de Gestion Foncière (CGFC).
L’initiative est portée par le Réseau des Femmes et Développement (REFED) avec l’appui du projet ProEmploi+, financé par la coopération allemande à travers la GIZ, en partenariat avec plusieurs départements ministériels togolais.

L’objectif est d’instaurer un dialogue permanent entre les différents acteurs locaux afin d’accélérer l’installation des CGFC dans les cantons de l’Oti-Sud, conformément aux dispositions du Code foncier et domanial, tout en favorisant une gouvernance plus équitable et davantage ouverte aux femmes.
Le foncier, un enjeu majeur de paix et de développement
En ouvrant les travaux, la coordonnatrice du REFED, l’honorable sénatrice Kabissa Lamboni Confort, a rappelé que la terre demeure le principal levier de développement économique et social dans les communautés rurales.
Elle a toutefois souligné que cette ressource stratégique est également à l’origine de nombreux conflits, alimentés par la méconnaissance des textes législatifs, l’absence de mécanismes locaux de concertation et les difficultés persistantes rencontrées par les femmes pour faire reconnaître leurs droits fonciers.
Selon elle, les Comités Cantonaux de Gestion Foncière constituent une réponse concrète à ces défis en créant des espaces de médiation de proximité capables de prévenir les conflits, de promouvoir la transparence et de garantir une gestion plus participative des terres.
« Leur réussite repose sur l’engagement collectif des autorités administratives, des collectivités territoriales, des chefs traditionnels, des services techniques, des organisations de la société civile ainsi que des communautés », a-t-elle insisté.
Les autorités appelées à accompagner les réformes foncières
Représentant le préfet de l’Oti-Sud, le secrétaire général de la préfecture, Bakobam Komlan Banangui, a salué l’engagement du REFED en faveur de la modernisation de la gouvernance foncière.
Il a rappelé que le foncier constitue aujourd’hui une problématique transversale touchant aussi bien l’agriculture, l’habitat, les investissements, les infrastructures que la préservation de la paix sociale.
Pour le responsable administratif, les autorités locales et traditionnelles doivent pleinement s’approprier les réformes en cours afin d’accompagner efficacement les politiques publiques visant à instaurer une gestion plus transparente, sécurisée et durable des terres.

Des échanges orientés vers des solutions concrètes
Les travaux ont privilégié une démarche participative réunissant autorités administratives, chefs traditionnels, services techniques, représentants des collectivités territoriales, organisations de la société civile et leaders communautaires.
Les communications ont porté sur le cadre juridique régissant le foncier au Togo, les missions des Comités Cantonaux de Gestion Foncière ainsi que les obstacles limitant encore l’accès des femmes à la propriété foncière.
Les débats ont permis d’identifier les principaux défis auxquels fait face la préfecture de l’Oti-Sud, avant d’aboutir à des recommandations concrètes destinées à faciliter l’installation des CGFC dans l’ensemble des cantons.
Les participants ont également élaboré une feuille de route définissant les actions prioritaires, les responsabilités des différents acteurs et les mécanismes de suivi nécessaires à la mise en œuvre effective des comités.
L’égalité d’accès à la terre au cœur des priorités
Pour les responsables du projet, le Togo dispose désormais d’un arsenal juridique favorable à une gouvernance foncière plus inclusive.
Le Code foncier et domanial de 2018 ainsi que le Code des personnes et de la famille consacrent en effet l’égalité entre les femmes et les hommes en matière d’accès à la terre et d’héritage.
Cependant, l’application de ces dispositions demeure encore inégale dans plusieurs localités en raison du poids des pratiques coutumières, de la faible connaissance des textes et de la sous-représentation des femmes dans les instances locales de gestion foncière.
Le renforcement des Comités Cantonaux de Gestion Foncière apparaît ainsi comme un levier essentiel pour rapprocher les réformes des réalités du terrain et garantir une meilleure protection des droits fonciers.
Vers une nouvelle dynamique de sécurisation foncière
Au-delà de la mise en place des CGFC, cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large de consolidation de la gouvernance foncière au Togo.
À travers ce plaidoyer, le REFED entend mobiliser durablement les décideurs locaux autour d’une réforme considérée comme essentielle à la stabilité sociale, à l’attractivité économique et à la promotion de l’égalité de genre.
Pour les initiateurs du projet, l’engagement des autorités administratives, locales et traditionnelles de l’Oti-Sud pourrait constituer une étape déterminante dans la perspective d’un futur programme national de sécurisation foncière, au service d’un développement plus harmonieux et durable.
Diblo TAKINI -Correspondant AfreePress- Région des Savanes










