Lomé, le 1er juillet 2025 – (©AfreePress)-Le secteur cimentier togolais affiche sa détermination à prendre part à la lutte contre le changement climatique. Réunis le 30 juin à l’hôtel 2 Février à Lomé, les principaux acteurs de cette industrie ont dévoilé une feuille de route ambitieuse en vue de décarboner la production de ciment d’ici à 2050, en cohérence avec les objectifs climatiques du pays.
À l’origine de près de 0,9 million de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone (CO₂) en 2023, l’industrie cimentière togolaise entend désormais inverser la tendance en s’appuyant sur deux leviers majeurs : la réduction du facteur clinker – principal émetteur de CO₂ dans la fabrication du ciment – et l’adoption progressive de combustibles alternatifs, notamment issus de la biomasse.

La directrice de l’Environnement, Mme Yaou Mery, a salué cette dynamique portée par l’Association des Cimentiers du Togo, en soulignant l’engagement du gouvernement à accompagner la transition du secteur.
« Le gouvernement se réjouit de cet engagement et prévoit d’adapter le cadre réglementaire, de promouvoir des alternatives moins polluantes et de soutenir les cimentiers dans la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre de projets bas carbone », a-t-elle déclaré.
De son côté, Mme Emmanuela Kpetigo, responsable ESG et RSE du groupe Heidelberg Materials Togo, a confirmé que son entreprise est déjà engagée sur cette voie, en menant des tests pour développer un ciment à faible impact carbone.
« Nous avons entamé le remplacement progressif du charbon par des sources d’énergie moins polluantes. Cette feuille de route confirme notre volonté de collaborer activement avec les autorités publiques pour atteindre la neutralité carbone », a-t-elle affirmé.
L’expert cimentier Laurent Grimmeissen a, quant à lui, insisté sur l’importance d’un partenariat structuré entre les secteurs public et privé pour garantir le succès de cette transition. « Grâce à l’innovation et à l’adoption de nouvelles technologies, il est possible de tendre vers zéro émission nette. Cela passe par la reformulation du ciment et le recours accru à des combustibles de substitution », a-t-il expliqué.

La feuille de route prévoit de réduire la teneur en clinker dans le ciment togolais de 65 % à 40 % d’ici 2050. En parallèle, les entreprises du secteur ambitionnent de remplacer progressivement les combustibles fossiles par des alternatives plus écologiques, telles que la biomasse, les déchets industriels ou les carburants dérivés.
Cet engagement représente une étape structurante vers la neutralité carbone, qui s’inscrit dans les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) du Togo et dans la stratégie nationale de lutte contre les changements climatiques.
Espoir K.










