Lomé, le 17 octobre 2024 –(©AfreePress)– Le Togo poursuit ses efforts pour améliorer l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, notamment ceux issus de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP).
C’est dans ce cadre que le troisième rapport de l’enquête sur la transition des diplômés vers la vie active a été présenté et validé jeudi, lors d’une séance présidée par le ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, M. Isaac Tchiakpe.
L’enquête, qui porte sur les diplômés de l’année scolaire 2018-2019, avait pour objectif principal d’évaluer leur taux d’insertion professionnelle, d’identifier les secteurs d’activité où ils évoluent, et de cerner les besoins en matière de formation continue. Conduite selon des normes internationales rigoureuses, elle prend en compte les spécificités du marché de l’emploi togolais.

Les conclusions du rapport sont préoccupantes. Si les taux d’insertion professionnelle sont élevés, avec 96 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur et 97 % pour ceux de l’ETFP, un problème de sous-emploi invisible persiste. Le rapport révèle que plus de 80 % des diplômés de l’enseignement supérieur et plus de 50 % des diplômés de l’ETFP sont en situation de sous-emploi, reflétant ainsi un décalage important entre les qualifications acquises et les besoins réels du marché du travail.
Le Professeur Séna Yawo Akakpo-Numado, Secrétaire technique permanent du Plan sectoriel de l’éducation, a expliqué lors de la présentation que l’enquête a couvert un échantillon de 1 477 diplômés sur les 2 270 initialement prévus, soit un taux de réalisation de 65 %. Malgré les résultats encourageants sur l’insertion, le sous-emploi demeure un frein majeur à l’épanouissement professionnel des jeunes diplômés.

M. Isaac Tchiakpe a salué l’effort collectif des acteurs impliqués dans la réalisation de cette enquête, soulignant l’importance de ces données pour mieux orienter les politiques publiques en matière d’emploi et de formation. « Notre système ne se limite pas à délivrer des diplômes. Il est essentiel de suivre le parcours des diplômés, d’identifier leurs réussites et leurs difficultés, afin d’ajuster continuellement les programmes de formation aux réalités du marché de l’emploi », a-t-il déclaré.
Le ministre a également noté les avancées méthodologiques apportées à cette 3ᵉ édition, telles que l’inclusion des établissements privés et l’introduction de nouveaux indicateurs pour affiner l’analyse des données. Ces progrès marquent une étape cruciale vers l’amélioration continue du système éducatif et de la qualité de la formation professionnelle au Togo.

Le gouvernement togolais s’est fixé comme objectif d’atteindre, d’ici 2025, un taux d’insertion professionnelle de 80 % pour les diplômés de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Cet engagement s’inscrit dans une volonté plus large de rendre l’éducation accessible à tous et de l’aligner aux besoins du marché de l’emploi, afin de favoriser une insertion professionnelle durable et la croissance économique du pays.
Cette enquête, réalisée selon des approches scientifiques respectant les standards internationaux, reflète également le contexte togolais en matière d’emploi et d’insertion professionnelle, permettant ainsi aux autorités de mieux cerner les défis à relever pour une meilleure adéquation entre formation et marché de l’emploi.
Olivier ADJA









