Lomé, le 24 janvier 2026-(©AfreePress)-La Présidente du Parlement de la CEDEAO, Hadja Mémounatou Ibrahima, a procédé lundi, à l’ouverture solennelle du premier séminaire parlementaire et de la Première Session extraordinaire de l’année 2026 à Abuja, en République fédérale du Nigeria, a appris l’agence de presse AfreePress.
Cette rencontre de haut niveau, organisée au siège de l’institution communautaire, s’articule autour d’un enjeu stratégique pour l’avenir ouest-africain : « Approfondir l’intégration régionale à travers la ZLECAf : opportunités et défis pour l’expansion du commerce intracommunautaire ».
Dans son allocution inaugurale, la Présidente du Parlement a appelé à une intégration « concrète, mesurable et inclusive », capable de transformer la dynamique économique de la région.
Évoquant l’entrée en phase opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Mme Ibrahima a insisté sur la responsabilité historique de la CEDEAO de conduire et d’harmoniser sa mise en œuvre en Afrique de l’Ouest.
Forte d’une croissance moyenne estimée à près de 5 % au cours de la dernière décennie et d’instruments d’intégration tels que le Tarif extérieur commun, la Carte brune ou encore le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), la région dispose, selon elle, d’atouts solides.
Cependant, des défis structurels persistent. Ils portent sur le faible volume des échanges intrarégionaux (moins de 10 %), la dépendance aux exportations de matières premières non transformées (cacao, coton, huile de palme, bois) et l’industrialisation insuffisante. « La ZLECAf représente une opportunité historique, mais elle ne produira ses effets que si elle est pleinement portée par les États, le secteur privé et les citoyens », a-t-elle souligné.
Au-delà des enjeux économiques, la Présidente du Parlement a structuré les orientations stratégiques de l’institution autour de trois axes majeurs. Ces axes concernent la consolidation de la démocratie et de l’État de droit, saluant notamment la levée des sanctions contre la Guinée après l’élection présidentielle de décembre 2025 et adressant ses félicitations au Président Mamadi Doumbouya.
La préservation de la paix et de la sécurité, face aux menaces persistantes du terrorisme et de la criminalité transfrontalière. À ce sujet, elle a appelé à une coopération renforcée et à une mobilisation effective des mécanismes régionaux.
Le troisième axe fait référence à la promotion du leadership féminin, avec l’objectif d’aller au-delà du quota de 30 % de représentation féminine dans les délégations parlementaires, en faveur d’une participation réellement transformatrice.
La session extraordinaire devra également adopter le Plan de travail annuel 2026, feuille de route structurante des activités parlementaires, incluant sessions, réunions de commissions, missions de contrôle et actions de sensibilisation citoyenne.
« Nous ne pouvons plus nous contenter d’énumérer des priorités. Nous devons leur donner corps et cohérence », a martelé Mme Ibrahima, invitant les parlementaires à faire de 2026? une année d’impact concret au service des 400 millions de citoyens de l’espace communautaire.
La Présidente a enfin déclaré ouverts les travaux du séminaire et de la Session extraordinaire, exprimant le vœu que cette rencontre marque « un tournant décisif dans la manière de faire l’intégration ». Une intégration qu’elle souhaite plus sobre, plus efficace et plus proche des réalités des peuples.
Albertine A.









