Lomé, le 5 mai 2025 – (©AfreePress) – Le Togo a officiellement opéré, samedi 3 mai, un tournant historique en basculant du régime présidentiel vers un système parlementaire, à la faveur de l’élection du Président du Conseil et du Président de la République, désormais investis selon les dispositions de la Ve République. Toutefois, cette séquence institutionnelle majeure ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique.
Alors que la quasi-totalité des députés et sénateurs ont participé au scrutin tenu au siège de l’Assemblée nationale, conformément à la nouvelle architecture constitutionnelle, une voix discordante s’est élevée. Celle de la députée Kafui Adjamagbo-Johnson, unique représentante de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), qui a brillé par son absence.
Dans une déclaration rendue publique, dimanche 4 mai, elle a fermement condamné l’ensemble du processus ayant conduit Monsieur Jean-Lucien Savi de Tové à la présidence de la République du Togo. Qualifiant l’élection indirecte et la désignation du Président du Conseil d’« acte de haute trahison contre la souveraineté populaire », la coalition a dénoncé ce qu’elle considère comme une « confiscation du pouvoir par une élite politique déconnectée de la volonté du peuple ».
« Tous les parlementaires ainsi que les membres de la Cour constitutionnelle ayant pris part à cette parodie de démocratie seront jugés par l’Histoire. Ils ont participé à l’installation d’un pouvoir illégitime, en violation flagrante du principe de souveraineté populaire », a indiqué la DMP.
La coalition a également pris soin de préciser que sa députée, Mme Adjamagbo-Johnson, n’a été associée à aucun des actes qu’elle qualifie d’« illégitimes » et « contraires à l’esprit républicain ».
Refusant de cautionner ce qu’elle perçoit comme un recul démocratique et une “honte” pour le Togo, la DMP appelle les forces politiques, les organisations de la société civile et l’ensemble du peuple togolais à « une résistance citoyenne et pacifique ». Une grande marche de protestation est prévue pour le 17 mai prochain, dont les modalités seront précisées ultérieurement.
« Trop, c’est trop. Le cap franchi par le régime impose une réponse ferme et concertée. Il est temps que toutes les forces éprises de démocratie conjuguent leurs efforts pour restaurer la souveraineté du peuple », conclut la déclaration.
Ce positionnement de la DMP augure d’un climat politique tendu autour de la mise en œuvre de la nouvelle République, entre adhésion institutionnelle et contestation populaire. Les prochaines semaines s’annoncent déterminantes.
Anika A. – AfreePress –









