
Lomé, le 30 septembre 2026-(©AfreePress)- La ville de Kara s’apprête à franchir un nouveau cap dans la sécurisation de son approvisionnement en eau potable. Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a donné, le 28 septembre 2026, le coup d’envoi officiel du Projet d’Alimentation en Eau Potable (AEP) de Kara et de ses environs, un investissement d’environ 27 milliards de francs CFA destiné à renforcer durablement la production, le stockage et la distribution de la ressource.
Porté par la Société de Patrimoine Eau et Assainissement en milieux urbain et semi-urbain (SP-EAU), le projet bénéficie du concours financier du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (FKDEA) et de la Banque islamique de développement (BID), avec une contribution de l’État togolais. Selon les données disponibles, le financement comprend notamment 12 milliards de FCFA du FKDEA, 15 milliards de la BID et une contribution publique annoncée à 1,48 milliard de FCFA. La Banque islamique de développement avait par ailleurs publié un avis général de passation des marchés faisant état d’un financement de 23,12 millions d’euros pour ce projet.

L’architecture du chantier couvre l’ensemble de la chaîne d’alimentation en eau, depuis la mobilisation de la ressource jusqu’à sa distribution aux usagers. Le programme prévoit notamment la mobilisation d’eau brute, la construction d’une nouvelle station de traitement d’une capacité de 10 000 m³ par jour, l’aménagement d’un réservoir de 5 000 m³, ainsi que l’extension et la réhabilitation des réseaux. Les documents de passation de marchés font également état de travaux de captage à la source S5, d’une station de pompage, de conduites de refoulement et de l’extension des réseaux vers plusieurs localités de la région.

À terme, plus de 200 000 personnes devraient bénéficier directement des nouvelles infrastructures, soit environ 40 000 ménages supplémentaires, tandis que l’objectif affiché est de porter à 75 % le taux d’accès à l’eau potable à Kara. Le dispositif doit également profiter à plusieurs territoires et localités environnants, notamment Bafilo, certaines communes d’Assoli et de la Kozah ainsi que plusieurs centres et villages situés dans le périmètre d’intervention.
Prenant la parole lors de la cérémonie de lancement, le ministre Séna Alipui a présenté le chantier comme une réponse structurelle à un besoin essentiel et comme un investissement dans la sécurité hydrique de la région. « Sécuriser la ressource en eau n’est pas seulement une affaire d’ingénieurs et de techniciens. C’est un acte de souveraineté. Un territoire qui maîtrise son eau maîtrise en partie son avenir », a-t-il déclaré, en fixant notamment l’ambition de voir demain « trois familles sur quatre à Kara » disposer d’un accès à l’eau potable.

Pour le membre du gouvernement, l’accès à l’eau dépasse ainsi la seule problématique des infrastructures. Il touche directement à la santé publique, à la dignité humaine, à l’inclusion sociale et aux perspectives de développement économique. Cette orientation s’inscrit, selon lui, dans la nouvelle séquence de l’action publique articulée autour de trois priorités : « Protéger, rassembler et transformer ».
Le ministre a, par ailleurs, appelé les différents intervenants à une exécution rigoureuse du programme. « Nous serons attentifs à la qualité des travaux, au respect des délais, à la bonne gestion des ressources mobilisées, à la durabilité de chaque ouvrage construit », a-t-il prévenu, soulignant que cette exigence répond autant aux engagements pris envers les partenaires financiers qu’aux attentes des populations bénéficiaires.

Avec ce nouveau chantier, les autorités togolaises entendent ainsi s’attaquer aux fragilités structurelles du système d’approvisionnement de Kara, confronté notamment à des insuffisances de production et de sécurisation de la ressource. Le projet vient compléter d’autres investissements engagés dans la région dans le cadre de la politique nationale de développement de l’eau. La SP-EAU rappelle notamment que les programmes en cours dans les régions de la Kara et des Savanes visent à accroître les capacités de mobilisation, de production, d’adduction et de distribution.

Pour Séna Alipui, la finalité demeure sans équivoque : « L’eau n’est pas un privilège ; l’eau est un droit pour chaque citoyen togolais. » Le chantier lancé à Kara devra désormais traduire cette ambition en résultats tangibles pour les ménages, les activités économiques et les collectivités concernées.
Diblo TAKINI – Correspondant AfreePress,
région des Savanes











