Lomé, le 25 mai 2026-(©AfreePress)- La « Mutuelle Racheté de Dieu » (MURADI), basée à Sanguéra, traverse une grave zone de turbulences. Contestée par plusieurs de ses adhérents, la structure est aujourd’hui au centre de nombreuses accusations liées à une gestion jugée opaque, des difficultés de remboursement des épargnes et surtout à l’absence d’agrément officiel pour exercer des activités de microfinance au Togo.
Depuis plusieurs semaines, l’inquiétude gagne les coopérateurs et coopératrices qui disent avoir découvert avec stupeur que leur mutuelle fonctionnerait en toute illégalité. Une révélation qui plonge de nombreux adhérents dans le désarroi, certains ayant confié à la structure l’essentiel de leurs économies dans l’espoir de financer des projets personnels ou des activités génératrices de revenus.
Pour plusieurs membres, cette situation expliquerait désormais les retards répétés et l’absence de suite favorable aux demandes de retrait de fonds adressées aux responsables de la mutuelle. Entre incompréhension, colère et résignation, beaucoup peinent à envisager la suite des événements pour récupérer leurs économies.
« Comment un pasteur peut-il agir ainsi ? », s’interroge, la voix nouée par l’émotion, une adhérente dont les enfants fréquentent également l’école « Racheté de Dieu » de Sanguéra. Comme elle, de nombreuses familles disent vivre cette affaire comme une véritable trahison.
Un ancien adhérent affirme, pour sa part, avoir préféré retirer à temps ses économies après avoir observé certaines pratiques qu’il jugeait peu orthodoxes. Selon lui, les dépôts collectés par la mutuelle étaient régulièrement transportés au domicile du promoteur de la structure, une méthode qu’il considère incompatible avec les règles élémentaires de gestion d’une institution financière sérieuse.
Le promoteur de la mutuelle, le pasteur Jean Lasso, également responsable de l’école privée « Racheté de Dieu » à Sanguéra, reste pour l’heure injoignable. Les numéros de téléphone mentionnés sur les carnets des adhérents demeurent sans réponse.
D’après certaines sources proches de son entourage, l’intéressé se trouverait actuellement hors du pays pour des raisons professionnelles et reviendrait prochainement afin de « rétablir la situation ». Une explication qui peine à convaincre les adhérents.
Une structure sans agrément officiel
Interrogé sur le dossier, le directeur de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Togo (APSFD-Togo), Ange Kétor, a apporté une réponse catégorique : la mutuelle MURADI ne dispose d’aucun agrément officiel.
Cette affaire relance le débat sur la prolifération des structures financières opérant en dehors du cadre légal et met en lumière les risques encourus par les populations qui confient leurs économies à des institutions non reconnues.
Les spécialistes rappellent qu’avant toute adhésion à une structure de microfinance, il est essentiel de vérifier l’existence d’un agrément délivré par le ministère de l’Économie et des Finances. Une institution légalement reconnue doit être en mesure de présenter clairement son numéro d’agrément, ses références administratives ainsi que son affiliation à l’APSFD-Togo.
Dans un contexte où les besoins de financement des populations restent importants, les autorités sont régulièrement appelées à renforcer les contrôles afin de protéger les épargnants contre les dérives de certaines structures clandestines.
René BLEWOUSSI









