Lomé, le 16 avril 2025 – (© AfreePress)-Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) a lancé un vibrant appel à la mobilisation des peuples d’Afrique francophone en faveur d’une souveraineté authentique, rompant avec ce qu’il qualifie d’« indépendances par procuration » accordées par la France au lendemain des années 1960.
Dans une déclaration rendue publique, le mouvement dénonce la persistance d’accords « néocoloniaux », signés dans l’ombre des indépendances officielles, qui ont selon lui, vidé ces dernières de toute substance.
Pour le MMLK, ces accords ont maintenu une vingtaine de pays sous tutelle française, à travers des dispositifs économiques, monétaires, militaires et culturels, qui continuent, souligne-t-il, d’entraver leur émancipation.
Le mouvement rappelle que les réserves financières de plusieurs États africains sont encore aujourd’hui déposées au Trésor public français, limitant leur capacité à exercer une politique monétaire autonome. De plus, l’usage du franc CFA, contrôlé depuis Paris, freine selon lui l’émergence de modèles économiques souverains et adaptés aux réalités locales.
Sur le plan culturel et linguistique, l’imposition du français comme langue officielle a contribué, selon le MMLK à la marginalisation des langues nationales, porteuses de l’identité du peuple africain.
L’alignement militaire automatique sur la France, enfin, empêche tout partenariat stratégique indépendant, sans aval préalable de l’ancienne puissance coloniale.
Le mouvement évoque avec émotion les figures emblématiques de la lutte pour une Afrique libre, à l’instar de Patrice Lumumba en République démocratique du Congo et Sylvanus Olympio au Togo, assassinés pour avoir osé défier l’ordre colonial établi.
Pasteur Edoh Komi, président du MMLK, dénonce en outre, ce qu’il appelele les complicités locales dans ces drames, qui ont anéanti, selon lui, l’élan révolutionnaire d’une génération et retardé l’accession à une véritable indépendance.
Depuis 2020, une dynamique nouvelle émerge, portée par des pays comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger, qui rejettent ouvertement les accords néocoloniaux et exigent le retrait des troupes françaises ainsi que la fermeture des bases militaires étrangères. Ces États, dit le mouvement, affirment leur volonté de reprendre le contrôle de leur souveraineté. Cette prise de conscience, nourrie par un discours panafricaniste assumé, redonne espoir à des millions d’Africains en quête de dignité et de justice.
Face à cette dynamique, le MMLK appelle à une rupture claire avec le passé. Il réclame l’abrogation immédiate de tous les accords hérités de la colonisation, ainsi qu’une reconnaissance officielle par la France et ses alliés occidentaux de leur responsabilité historique dans l’exploitation des ressources africaines et les atteintes aux droits humains.
Le mouvement plaide également pour que l’Afrique obtienne un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, afin d’être reconnue comme un acteur à part entière de la gouvernance mondiale. Il propose en outre que les budgets consacrés aux célébrations symboliques des indépendances soient réaffectés aux secteurs prioritaires tels que la santé, l’éducation et l’accès à l’eau potable.
Enfin, le MMLK suggère la transformation des dates d’indépendance en journées de recueillement et de mémoire, consacrées à l’hommage aux martyrs de la liberté et à la réflexion sur l’avenir du continent.
« Il est temps que les richesses de l’Afrique profitent à ses peuples, dans un esprit d’égalité, de respect mutuel et de justice historique », affirme le mouvement.
Albertine A.









