Lomé, 25 juin 2026 (©AfreePress) – La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), agissant en sa qualité de Mécanisme national de prévention de la torture (MNP), a tenu jeudi une séance d’échanges et de sensibilisation à la prison civile de Dapaong à l’endroit des surveillants de l’administration pénitentiaire ainsi que des femmes détenues. L’initiative vise à promouvoir une meilleure protection des droits des femmes privées de liberté et à prévenir les violences basées sur le genre (VBG) dans l’environnement carcéral.

Cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des actions genre de la CNDH et répond aux exigences de la Règle 70 des « Règles de Bangkok », qui préconise la sensibilisation et la formation des acteurs de la chaîne pénale. Elle entend contribuer à l’amélioration des conditions de détention des femmes, considérées comme l’une des catégories les plus vulnérables du système judiciaire et pénitentiaire. Bien qu’elles représentent une faible proportion de la population carcérale, leurs besoins spécifiques liés au genre demeurent souvent insuffisamment pris en compte, exposant certaines d’entre elles à des discriminations, à des traitements inadaptés et à des atteintes à leurs droits fondamentaux.
Adoptées en 2010 par les Nations unies, les Règles de Bangkok, officiellement dénommées « Règles des Nations unies concernant le traitement des femmes détenues et les mesures non privatives de liberté applicables aux délinquantes », constituent un référentiel international majeur. Elles visent notamment à encourager des réponses judiciaires adaptées à la situation particulière des femmes en conflit avec la loi, tout en garantissant la prise en compte de leurs besoins spécifiques en matière de santé, d’hygiène, de sécurité et de réinsertion sociale.

Pour le commissaire de la CNDH, Adjodi Anabadedi, l’application effective de ces normes demeure essentielle pour prévenir les abus en milieu carcéral et assurer le respect de la dignité des détenues. « Au Togo, la mise en œuvre des Règles de Bangkok reste encore timide en raison d’un déficit de sensibilisation et de formation des acteurs de la chaîne pénale, notamment des surveillants de l’administration pénitentiaire. Cette situation favorise parfois le maintien de pratiques incompatibles avec les standards internationaux, telles que les fouilles corporelles abusives, des conditions d’hygiène inadaptées, l’utilisation de moyens de contrainte durant le travail ou l’accouchement, ou encore l’insuffisance de soins de santé spécifiques aux femmes », a-t-il expliqué.

Le responsable a souligné que les surveillants de l’administration pénitentiaire occupent une place stratégique dans la protection des droits des femmes détenues. Selon lui, leur maîtrise des dispositions contenues dans les Règles de Bangkok permettra d’améliorer significativement les conditions de détention et d’encourager l’adoption de pratiques professionnelles conformes aux normes internationales relatives au traitement des personnes privées de liberté.
Diblo TAKINI
Correspondant AfreePress – Région des Savanes









